Atos est trop chère ! LA BOURSE-RECO passe de « neutre » à « VENDRE »— cassure des 30 € en vue après le S1 [Reco-blog]

Article publié le mercredi 8 juillet à 23h30.

Depuis notre dernière reco titrée SOITEC ET ATOS SONT ENCORE TROP CHÈRES, nous vous avions promis la mise à jour de la partie Atos quelques heures après avoir mis en ligne la partie SOITEC (sous un laconique « mise en ligne vers 10h » pour une publication initiale à 7h30).

Un mois s’est écoulé, et vous n’avez rien vu venir.

Est-ce sérieux ?

Déjà, je vous rassure, et au risque de décevoir les Boursomen : je suis toujours en vie et le blog ne s’est pas arrêté.

Ce jour-là, le 22 mai dernier, j’étais fébrile — au sens propre, j’avais un peu de fièvre.

Je voulais publier rapidement, en un seul article SOITEC/ATOS, pour moins charger la une et me reposer.

J’étais « au radar quand » j’ai publié la reco SOITEC, et j’espère que certains l’ont suivie, car l’action a lâché −30 % depuis. « Il me restait quelques vérifications à faire avant de publier celle d’Atos environ 1h. Je me suis posé quelques minutes sur mon lit… et je me suis réveillé à la clôture de la Bourse à 18h, soit 23h heure locale 🙂 .

Tout ça à cause d’un truc très con qui nous arrive à nous, les hommes, en vieillissant, et que je ne connaissais pas : une prostatite résistante. C’est-à-dire qu’elle dit « fuck » aux antibiotiques usuels. Désolé, c’est pas glamour, mais ça m’a mis HS pendant un mois — vraiment incapable de me poser plus de dix minutes devant le PC. Je prie d’excuser tous les lecteurs à qui je n’ai pas répondu, ceux de France et des pays environnants, ils se reconnaîtront, et je réparerai le tir — même s’il me reste encore quinze jours pour voir si l’antibiotique de la dernière chance aura fait effet.

Merci aussi à ceux qui ont manifesté une petite déception, formulée très diplomatiquement, de ne plus voir d’articles.

Il ne fait décidément pas bon vieillir — et c’est un euphémisme. Bon, nous, on n’a pas la ménopause mais on a la prostate. Et je ne sais pas ce qui est le plus galère.

Durant ces quatre semaines, mon activité s’est résumée à un trajet entre mon lit… et mon lit. À plat, quoi.

Me voilà de retour, vertical, et avec une conviction renforcée.

Et si l’antibiotique de la dernière chance ne marchait pas, désolé, messieurs les Boursomen et Mme Soleil78, il me resterait au minimum deux ans avant la septicémie. Et si tel était le cas, dur de prédire qui d’Atos ou de moi disparaitrait le premier 😀

D’ailleurs c’est pathétique, il n’y a quasiment plus que les employés de la cellule de veille des réseaux sociaux d’Atos sur ce forum de merde (je parle pas de la sté Boursorama, mais du forum Bourso/Atos uniquement).

Il y a un adage qui dit « mieux vaut tard que jamais » et à minima vous aviez la preuve dans le titre de l’article de 22 mai et jamais achevé que je conseillais de vendre Atos à 37 € (« trop cher » en titre, ça me semblait être explicite comme contenu à venir) et qu’a priori c’était un bon conseil, sauf remontée soudaine demain jeudi 9 juillet. Et si j’ai la main aussi heureuse que pour SOITEC, partie que j’ai eu, elle le temps definir ce jour là, alors la baisse d’Atos n’est pas terminée.

Même Nicolas David, d’Oddo, désormais assez proche de la direction d’Atos, a lui aussi revu ses positions à la baisse cette semaine. C’est tout dire.

Communiqué ZoneBourse :

Atos Group publiera ses résultats T2/S1 2026 le 30 juillet avant Bourse. Oddo BHF anticipe une croissance organique au 1ᵉʳ semestre de −8,6 %, dont −6,2 % au 2ᵉ trimestre, en amélioration par rapport au 1ᵉʳ trimestre (−11,0 %) grâce à des bases de comparaison plus favorables.

Selon l’analyste, la division Atos (Services IT, 88 % des revenus) devrait rester sous pression à −7,5 % en organique, mais afficher une amélioration séquentielle (−11,4 % au 1ᵉʳ trimestre). « Le recul resterait marqué en Amérique du Nord (−20,0 %e contre −26,9 % au T1) et en Europe centrale (−6,3 %e contre −12,9 %). Le UK devrait demeurer en croissance (+2,0 % contre +5,2 % au T1), tandis que la France reviendrait proche de l’équilibre à −1,0 % (contre −9,5 %), soutenue par une meilleure dynamique commerciale, notamment dans le secteur public », indique le bureau d’analyse.

Lors de cette publication, Oddo BHF s’attend à ce qu’Atos réitère ses guidances 2026 : croissance organique entre −1 % et −5 % (Oddo BHF : −5,5 % org.), MOA c. 7 % (Oddo BHF : 7,2 %) et un FCF positif (Oddo BHF : −93 M€).

Oddo BHF abaisse son objectif de cours à 43 € (contre 46 €) et maintient son opinion Neutre sur le titre.

Un petit flash-back s’impose.

Pourquoi étions-nous passés à Neutre (avec toutefois surveillance négative) durant six semaines ?

Le refinancement de 1.2Md€ réalisé en 15 jours ça n’est pas rien !

Et puis nous avons pris un peu de recul.

8,1 %, c’est déjà plutôt le haut de la fourchette du high Yield qui démarre à 6%.

Déjà en soit, c’est pas forcément glorieux. A chaud je l’ai pris comme une performance car je m’attendais à 9%.

Mais reflexion faite, pourquoi même en 15 jours c’est pas très glorieux ?

Tout simplement car même s’il s’agissait de high Yield et d’une socité en sauvegarde accéléré, il s’agissait d’obligations dites « senior », c’est à dire ultra sécurisées et adossé à des collatéraux (actifs), et le high yield, c’est plutôt du 7 à 8 % sur de l’obligation non sécurisée.

Là, avec de l’obligation ultra-sécurisée, actifs protégés dans une fiducie en Hollande, double holding de tête (la DutchCo en plus d’Atos SE — enfin, Atos Group SE… d’ailleurs, est-ce toujours une SE ?), c’est donc pas très glorieux. D’ailleurs plusieurs audit externes en cours disent à priori tous la même chose. Atos a juste gagné du temps et ça lui a couté très cher de réaliser cette opération en urgence, en plus des 8 % versés aux Rois mages et autres Attestor…

Ces derniers avaient un gros souci : ils avaient acheté la dette à seulement 20 % de la valeur nominale. Une obligation de 100 000 € leur avait coûté en moyenne 20 000 € sur le marché secondaire. Mais pour conserver une part importante de la valeur nominale, ils devaient mettre la main à la poche et amener ce qu’on appelle la « new money ». Or 100 000 € de new money, c’est 100 000 € sortis du compte bancaire — qu’on ait acheté son obligation 100 000 € comme les idiots d’AG2R La Mondiale, ou 20 000 €. Pour 100 000 € de new money, jeunes, vieux, « fonds spéculatifs » (dixit l’hystérique de LFI) ou fonds d’investissement (Philippe Salle), vous devez sortir 100 000 € du compte. Et ça, c’était… de la 1L.

Or sur quoi le refinancement a-t-il porté ? La 1L. Donc ceux qui ont payé leurs obligations 20 000 € pour un nominal de 100 000 € ont conservé 50 000 € de dette (la 1.5L, qui rapporte 9 % l’an), du capital avec un PRU de 25 € (beaucoup ont déjà encaissé la plus-value, surtout vers 60 €). Mais il leur restait dehors ce fichu cash à hauteur de 100 % : la 1L. Bim, bam, boum — Philou nous a revendu ça à d’autres. Ça a coûté 150 M€, ça a augmenté la dette de 120 M€, mais les fonds distress (dont la spécialité est de racheter de la dette bradée) ont récupéré leur cash.

Seulement 7 % d’entre eux ont racheté leurs positions — les fameux 58 M€, ceux qui trouvaient que 8,1 %, c’était encore cool. Les idiots de service, probablement AG2R La Mondiale, les seuls gogos parmi les bondholders à avoir acheté la dette à 100 %. Les 92 % autres sont passés par la case cash.

L’equity, avec un PRU de 25 €, a remboursé l’achat de la dette à 100 %. Il leur reste 50 % du nominal (1.5L) à récupérer lors des cessions, et pendant ce temps ils touchent 9 %. Même si la boîte venait à mal tourner — faire faillite, par exemple —, ils n’auront rien perdu et auront touché 9 % durant trois ans.

Donc, avec le recul, la souscription des nouvelles obligations n’était pas un signe de confiance, mais de défiance. J’avais totalement zappé que c’étaient des obligations ultra-sécurisées. En cas de faillite, les obligataires passent avant l’État, les salariés, etc. Donc 8,1 % pour de l’oblig sécurisée à double tour, ça montre la confiance très relative du marché.

Avec le recul, il y a aussi eu un événement bizarre :

le silence post-refinancement.

Calme plat.

Nous nous étions amusés qu’une pluie de contrats — signés ou « en cours de signature » — se soit abattue juste avant le refinancement (voir « La chance sourit aux audacieux »), comme par un curieux hasard. Depuis, ce sont les vaches maigres. Des partenariats à tout-va, il y en a. Des contrats, beaucoup moins. Le calme plat installé depuis l’AG du 22 mai n’est pas un accident : la machine à communiqués s’était emballée pour préparer le terrain du refinancement, elle s’est arrêtée aussi vite qu’elle s’était mise en marche.

Selon Nicolas David d’Oddo, le book-to-bill serait de 93 %. Je rappelle que pour avoir de la croissance, il faut un book-to-bill supérieur à 100 % — donc même à 93 %, je ne vois pas comment ça le ferait. Toujours est-il qu’il y a ce fameux contrat californien Cal OES de 30 mois et 450 M€ : comme Atos comptabilise jusqu’à 500 M€ l’entièreté de la période sur le trimestre de prise de commande, les grosses commandes comme celle-là gonflent le book-to-bill — sous réserve que le parlement de Californie ait ratifié le contrat.

Nous avons aussi eu des échos : comme Philippe Salle a sécurisé, grâce aux budgets « exceptionnels Genesis » (restructurations, tout ça, qui passent après la marge opérationnelle), ses fameux 7 %, il y aurait eu des accords pour lâcher un peu de lest sur la marge des contrats pris ces deux derniers mois. Sachant qu’il faut six à huit mois entre la prise de commande et la delivery, seules les marges 2027 et 2028 seront affectées par ces contrats. Donc, paradoxalement, la marge 2027 ET 2028 sera inférieure à la marge 2026. Nous en reparlerons dans un prochain article.

Il y a des bruits de couloir à Bezons : un audit externe, commandité via le droit d’alerte du CSE et réalisé cette fois-ci non pas par Syncea (qui avait pris l’habitude de ne jamais caresser Atos à rebrousse-poil) mais par un cabinet spécialisé dans le cherchage de poux, aurait émis les plus vives réserves sur le plan Genesis, et verrait non pas une marge 2028 à 10 % mais à 5 %. À vérifier — un article est à venir. Nous n’avons pas le nom du cabinet, mais il aurait officié durant le scandale Mediator, et selon Gemini ce serait probablement Syndex, un cabinet d’expertise comptable et d’audit, qui est la terreur des groupes qui mentent sur leur communication.

Pour quiconque aurait cet audit en main, n’hésitez pas : tél/WhatsApp : +66 61 821 8859.

Nous commençons juste à mettre la tête sous l’eau face à cet épisode extra-Atos. Aussi nous avons limité le nombre d’informations pour ce changement de reco et nous préparons un article en prévision du 30 juillet où nous allons évoquer le recours  à l’affacturage pour protéger le cash flow et un certain nombre de charges mises dans HPC avant la déconsolidation, comme le fait que les membres de HPC n’aient quasiment pas touché de bonus annuels (normalement à la charge d’Atos car sur l’exercice Atos), mais remplacé, via un email du 3 avril envoyé par le nouveau DG Emmanuel Le Roux à ses troupes que le bonus manquant serait remplacé par une prime « nouveau départ » et versé le 28 avril par BULL SA et HORS comptabilité Atos. Nous avons calculé que Philippe Salle juste avec ça a économisé 30 à 35 pdb, de quoi passé d’une MOP de 6.7% à 7.05%. Aussi nous prévoyons grâce à ce type d’artifice et grâce aux charges opérationnelles passées à tort en charge exceptionnelles que Philipe Salle devrait faire ses 7% « finger In the Noise », mais par contre nous prévoyons une perte nette de -600M€ !!! Cherchez l’erreur.

Ceux qui voudront voir le verre à moitié plein diront que c’est plus que la moitié moins que l’année dernière… 😀  Donc 250M€ juste lié au coup du refinancement, donc avec le petit coup bas du remboursement  des obligations le 6 juillet pour que la prime de 8% en sus des intérêts acquis en PIK etc… passent dans la perte annuelle et non semestrielle. La perte semestrielle devrait donc être limité à 300M€ selon le blog, essentiellement la fin de Genesis et les honoraires des banques privés conseil du refinancement, non transférables au S2 contrairement aux pénalités de remboursement..

Comme nous allons devoir faire un article sur des bribes d’informations à propos de cet audit externe du méchant SYNDEX, et se baser seulement sur quels bruits de couloir, et comme Atos a maintenant la gâchette à vif avec les procès, nous allons tenter de nous entretenir avec eux sur ce fameux audit (si vous voyez la formule « la direction d’Atos n’a pas souhaité répondre à notre demande d’information, vous saurez que l’audit va pas dans leur sens…) — audit qui donnerait a priori et tenez vous bien, une probabilité de seulement 25 % de chances au plan Genesis de réussir, et le même pourcentage de probabilité de 25% de finir au tribunal en 2028 (nouvelle conciliation/restructuration a priori).

La seule information sur et certaine selon mon contact est que dans TOUS les cas de figure, la MOP à 10% en 2028 ils n’y croient pas une seule seconde.

En tout cas, a fait plaisir, si c’est bien Syndex — et je ne vois pas quel autre cabinet d’audit serait impliqué comme partie prenante dans la dénonciation du scandale Servier-Mediator — que enfin un acteur compétent et spécialiste de l’enculage de mouche, donne enfin raison au blog et que nous étions jusqu’à présent le seul lucide contre tous, et nous seront à défaut de trois mousquetaires, à priori 2 au mois, je sais et ça c’est une info sûr et certaine que Acquilis a de nouveau été consulté et que lui aussi reste très circonspect sur le coup très élevé du refinancement si ce n’est comme pour gagner du temps, c’est à la mode en ce moment 😀 😀

Ce sera donc un plaisir dans notre prochain article (cette fois pas de deadline, mais avant le 29 juillet c’est sûr !) de vous montrer que nous avons eu raison contre tous les analystes de la place, Nicolas David compris de dire que ce Genesis version 1.0 ou 2.0 ou la version 3.0 à sortir probablement est une farce destinée à permettre aux rois mages de sortir les poches pleines.

Les 50 % de probabilité restants seraient une croissance molle entre 0 et 2 % d’ici 2028, une marge entre 5 et 6 %, et un refinancement très problématique.

En ce qui concerne justement la croissance 2026 : 

Nicolas David a dû avoir quelques indiscrétions de proches de Philippe Salle : le −5 % ne serait pas tenable. Il prévoit −5,5 %, un profit warning de 50 pdb. À ce niveau, ce n’en est pas vraiment un. Nous, nous prévoyons un léger profit warning, avec un CA à −7,75 % à périmètre comparable.

Notre prévision de chiffre d’affaires 2026

Trimestre CA 2025 réel Base réf. 2025

(proforma)

CA 2026 organique

(comparable)

CA 2026 réel
T1 2 068 M€ 1 844 M€ ~1 640 M€ (−11,1 %) 1 739 M€ (« publié »)
T2 1 952 M€ 1 757 M€ 1 625 M€ (−7,5 %) 1 645 M€ (incl. avril LatAm)
T3 1 977 M€ 1 732 M€ 1 594 M€ (−8 %) 1 594 M€
T4 2 004 M€ 1 854 M€ 1 771 M€ (−4,5 %) 1 771 M€
Sous-total 7 187 M€ ~6 630 M€ (−7,75 %)
TOTAL 8 001 M€ 6 749 M€ (−15,6 %)

Comment nous passons du CA 2025 réel au CA 2026 réel

Notre modélisation suit quatre étapes.

  • Point de départ : le CA 2025 réel publié (8 001 M€ sur l’année), chiffre brut, tous périmètres inclus.
  • Atos a donné le proforma brut (7 187 M€), mais pas au trimestre, sauf sur le T1 (1 844 M€).
  • Base de référence proforma 2025, pour les trois autres trimestres : nous retraitons ce CA des éléments non reproductibles en 2026 — la livraison exceptionnelle du supercalculateur Jupiter (événement non récurrent, ~300 M€ répartis sur T2 et T3, un projet de classe mondiale qui ne survient que tous les deux à trois ans) et les périmètres cédés (Advanced Computing/Bull, LatAm, Nordiques). On obtient une base de 7 187 M€, reconstituée trimestre par trimestre.
  • CA 2026 organique (à périmètre comparable) : nous appliquons nos coefficients de décroissance trimestriels selon nos modélisations (analyse mosaïque, infos publiques, et sources internes et externes via nos contacts chez Siemens).
  • CA 2026 réel : hormis le T1 (qui incluait encore les périmètres cédés) et le T2, organique et réel se confondent. L’exception T2 tient à la cession LatAm, effective en cours de trimestre, soit au 30 avril → CA réel ~6 749 M€, soit −15,6 % en publié.

Notre fourchette de CA 2027: 6,7 à 6,85 Md€,

Passage sous les 6 Md€ EXCLU suite à une erreur de compréhension (et d’explication) des chiffres initiaux d’Atos .

Degré de certitude ? 98%

Une mise au point de transparence s’impose, sur l’éventuel passage du CA en 2026 sous les 6 Md€ évoqué un temps.

Dans 2 ou 3 articles de ces trois à quatre derniers mois, nous avancions un chiffre d’affaires 2026 autour de 6,3 Md€, évoquant même un possible passage symbolique sous les 6 Md€ (précisément 5,95 Md€ dans une hypothèse que nous qualifions « d’apocalyptique » et non d’hypothèse cible).

Ce calcul était biaisé, une simple erreur d’algèbre lié à une sémantique nébuleuse d’Atos et nous le rectifions ici sans détour.

L’origine de l’erreur tient au vocabulaire d’Atos : là où la quasi-totalité des sociétés distinguent « chiffre d’affaires réel » et « croissance organique », Atos a introduit sur le T1 le terme « publié », que nous avions interprété comme « proforma ». En réalité, le chiffre de 1 640 M€ correspondait au CA organique au sein du CA réel de 1739M€ et nous avions pris le CA réel de 1739M€ pour le CA T1 2025 Proforma, CA Proforma en réalité de 1844M€.

Nous avions basé notre modélisation de chiffre d’afffaires 2026 de nos précédents articles, pensant que le CA de 1640M€ était le CA réel du T1.

Je crois que c’est la première fois que je vois une société publié deux CA différents pour le même trimestre, mais comme le dit Franck Chartier « partez du principe que chez Atos rien n’est comme ailleurs » (réunion CSE janvier 2026) là où d’habitude les sociétés se contente de donner la croissance ou décroissance à périmètre comparable sans entre des dans considérations de deux chiffres d’affaires différents pour la même période de référence, soit quatre CA différents avec Atos et Eviden (OMG…)

Cette rectification relève notre fourchette de 5.95 – 6,3 Md€ à environ 6,5–6,8 Md€. Notre scénario central se situe autour de 6,75 Md€.

Le cheminement trimestre par trimestre

T1 2026 — chiffre acquis, déjà publié par Atos

  • Base réelle 2025 : 2 068 M€
  • Proforma 2025 (donnée Atos SE) : 1 844 M€
  • Décroissance organique : −11,1 % → 1 640 M€ à périmètre comparable
  • CA publié : 1 739 M€ (l’écart de 99 M€ correspond au périmètre encore présent)

T2 2026

  • Base réelle 2025 : 1 952 M€
  • − 135 M€ Jupiter et − 70 M€ de périmètres cédés → base proforma 1 757 M€
  • Décroissance organique : −7,5 % → 1 625 M€
  • Siemens : seulement six semaines de CA en moins (départ effectif le 15 mai 2026), plus que compensées par ~20 M€ d’indemnités de transition facturées à Infosys → effet net plutôt relutif que dilutif sur le trimestre
  • Dernier mois de LatAm, probablement un peu chargé (estimation blog) : +20 M€ → CA réel 1 645 M€

T3 2026

  • Base réelle 2025 : 1 977 M€
  • − 165 M€ Jupiter (la mise en service a davantage pesé que la livraison, soutenant un T3 traditionnellement poussif du fait des congés)
  • − 90 M€ de périmètres → base proforma 1 732 M€
  • Décroissance organique : −8 %, supérieure au T2 — c’est le premier trimestre plein sans CA Siemens Networks et, cette fois, sans indemnités de transition → 1 594 M€

T4 2026

  • Base réelle 2025 : 2 004 M€
  • − 150 M€ de périmètres (trimestre lourd pour les activités cédées) → base proforma 1 854 M€
  • Décroissance organique : −4,5 % → 1 771 M€

Contrôle

  • Somme des bases proforma trimestrielles reconstituées : 7 187 M€, soit l’euro près sur le proforma officiel d’Atos SE.

La chronologie des révisions de guidance

Date Fourchette de croissance organique Événement
6 mars 2026 +2 % / −5 % Résultats annuels 2025
22 mai 2026 −1 % / −5 % AG (révision discrète, lecture entre les lignes)
30 juillet 2026 (anticipation) ajustement franc du haut de fourchette : −3 % / −5 % Conférence call S1
21 octobre 2026 (anticipation) Resserrement par le bas : −3 % / −7 % (macro) Q3
Mars 2027 (estimation) −7,75 % Résultats annuels 2026

À chaque révision, la borne haute se dégrade plus vite que la borne basse — signe d’une trajectoire qui se confirme dans le mauvais sens. La phrase « lapsus » de Philippe Salle durant l’AG — le passage au conditionnel, « si les résultats sont délivrés » — ne laisse guère de place au doute sur le fait que les -5% sont selon nous désormais la fourchette haute et même Nicolas David de ODDO très proche de Atos désormais le dit…

Mais la où nous différons de tous les analystes, c’est que non seulement nous ne voyons aucune inflexion de la baisse du CA en 2026, mais ni en 2027 et ni même au S1 2028. Pas d’inflexion de la baisse du CA avant la mi-2028.

Nous prenons pour acquis la vente d’Avantix d’ici 8 à 10 mois, ne serait-ce que pour rembourser les créanciers 1.5L et donc au printemps 2028, le passage sous les 6Md€, cette fois sans erreur d’algèbre.

Le départ des 360M€ de CA de Siemens (base 2025) sera impossible à compenser avant la fin 2027, pour une société qui refuse désormais le renouvellement des contrats à faible marge.

Or il y a une règle mathématique simple. Dans un marché atone, ou certains acteurs annoncent +3%, d’autre +5%, comment prendre des parts de marché aux autres acteurs, puisqu’il faut progresser plus vite que le marché, sans être agressif sur les prix, où en étant sélectif sur le prix pour faire progresser la marge comment éviter une décroissance du CA.

Vous pouvez avoir l’un, l’autre, mais pas les deux à la fois. Passer à 10% de marge en 2028 avec une croissance organique de 5 à 7% relève au mieux de la stupidité, au pire de la manipulation de marché.

Dans un tel contexte, nous considérons que la valeur des actifs est inférieure à celle de la dette (en prenant pour acquis la somme de 255 M€ à payer à TriZetto, mais probablement plus) et donc que la valeur d’Atos est purement psychologique, basée sur un principe selon lequel, tant qu’une société existe, des actionnaires potentiels peuvent croire à son redressement et la valoriser plus que sa valeur intrinsèque. Nous fixons cette valeur psychologique à 500M€, soit nos 27€.

Ou dit autrement, c’est la valeur du mirage « Philippe Salle ».

 

CHANGEMENT DE RECOMMANDATION 

Nous abaissons notre recommandation court/moyen terme de « NEUTRE » à « VENDRE« , et notre objectif de cours passe de 35 € à 27 € — seuil sur lequel il existe un très gros support (août 2025).

A 32€, il est désormais un peu tard pour shorter la valeur, hormis les téméraires pour chercher la cassure des 30 € après la publication du S1 le 30 juillet.

Le cours intègre encore une prime psychologique liée au refinancement réussi, sans justification opérationnelle. Le 30 juin le marché devra digérer le double effet d’une fourchette de CA probablement resserrée vers le bas et le retour à l’équilibre qui sera promis probablement plutôt au cours du T4.

L’euphorie post-refinancement a duré environ trois semaines ; elle est épuisée. Les annonces de contrats se sont taries depuis l’AG — et, selon nos échos, ceux récoltés ne se sont absolument pas faits avec une marge opérationnelle de 10 %.

Notre objectif long terme à 1 € (automne 2028) est maintenu. Restructuration via conciliation, sauf recapitalisation via AK d’ici là.

 

Conclusion — le 30 juillet, la psychologie cédera la place à l’arithmétique

L’AG du 22 mai n’a rien révélé. Le refinancement a soutenu le cours pendant trois semaines. Mais le 30 juillet, le FCF semestriel sera publié, la liquidité au 30 juin connue, la guidance annuelle possiblement révisée pour la troisième fois. Le marché ne pourra plus se cacher derrière le narratif du « pré-refinancement réussi ». Le nouveau récit se devine déjà : semestre maigre, T3 encore en baisse, stabilisation au T4, reprise en S1 2027.

Philippe Salle demandera six mois de patience de plus, avec une inflexion cette fois repoussée non plus au T3 mais au T1 2027. Le marché les lui accordera-t-il ? Dur à dire. La patience a des limites, mais le gars est un sacré vendeur de promesses. Nous ne prévoyons pas d’apocalypse le 30 juillet, mais une déception relative — d’où notre passage à VENDRE.

Notre conseil aux petits porteurs reste inchangé : évitez la Bourse et privilégiez les ETF. C’est moins fun, mais beaucoup moins dangereux que de jouer à la roulette russe avec des titres post-sauvegarde dont le premier actionnaire opère depuis les îles Caïmans.


L’auteur suit le dossier Atos depuis plusieurs années. Atos SE a intenté à son encontre un procès en dénigrement, violation du secret des affaires et plusieurs autres chefs, réclamant un million d’euros de dommages et intérêts. Atos a été déboutée de l’intégralité de ses demandes, condamnée aux entiers dépens et à rembourser les frais d’avocat de l’auteur au titre de l’article 700. Le tribunal a reconnu qu’Atos, faisant appel à l’épargne publique, le droit à la critique était légitime, que le blog contribuait à l’information et au débat public, et qu’il agissait comme lanceur d’alerte. L’auteur déclare ne détenir aucune position (actions, obligations, dérivés) sur les instruments financiers d’Atos SE mentionnés. Ces analyses sont données à titre informatif et ludique par des passionnés et ne constituent en aucun cas un conseil en investissement.