Le blog a fêté ses 4 ans il y a quelques jours, le 9 octobre dernier et nous l’avons zappé pour une rave simple.
Atos n’a rien trouvé de mieux, comme idée, que de nous envoyer 137 pages en thaïlandais pour dénoncer le fait que nous ayons cité le nom de 14 dirigeants. Des noms qui figurent pourtant tous dans le document d’enregistrement universel, dans les présentations aux investisseurs et dans divers documents téléchargeables. Motif invoqué : nous aurions commis une infraction au respect des données personnelles.
Entre 60 000 et 80 000 euros d’argent social gaspillés pour s’offrir les services d’un cabinet du top 20 en France, Eversheds Sutherland, et de deux cabinets du top 10 thaïlandais, Tilleke & Gibbins et Chandler Mori Hamada. Tout ça pour harceler une personne handicapée, puisque je vous rappelle que si j’ai le temps de passer autant de temps sur le dossier à tous c’est parce que je suis en invalidité.
Et ce, en plus des 300 000 euros déjà dépensés dans divers procès perdus, dont un procès devant la 17e chambre, la chambre de la presse, où Atos a été débouté de l’ensemble de ses demandes.
Ça laisse songeur. Si le blog racontait n’importe quoi, pourquoi dépenser plusieurs centaines de milliers d’euros pour le faire taire ? Il suffirait de laisser courir : ça n’intéresserait personne.
S’il y a une telle démesure de moyens financiers, c’est que le blog a raison, qu’il est un lanceur d’alerte, et qu’il met à mal la communication narrative, version conte de fées, d’Atos, face à la réalité du terrain.
Mais comme l’adage « mieux vaut tard que jamais, nous vous avons réservé une petite surprise »
Mesdames et messieurs, approchez, approchez !
Comme quoi, il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau » : le blog a viré sa cuti, et vous présente en exclusivité sa première analyse chartiste.
La première des premières !
Pour la première fois de son histoire, le blog dédie un article entier à l’analyse chartiste.
Nous avons demandé à Claude de nous faire une formation accélérée en trois jours. Certes, nos deux petits neurones ont beaucoup souffert, mais ils ont été assez assidus. Fort heureusement, le Doliprane n’est pas cher en Thaïlande. Il ne s’appelle pas Doliprane, mais il marche très bien.
Et voici, sous vos yeux ébahis, sans filet et sans trucage, l’analyse graphique du test du support des 22 euros.
Roulement de tambour.
Comme nous l’avions expliqué dans notre dernière recommandation, il y avait un fort support à 22 euros.
Vous savez que ce blog n’est pas chartiste pour un sou : nous n’étions donc pas entrés dans les détails. Mais puisque c’est une première, une véritable analyse chartiste, nous allons reprendre les chiffres en détail.
Pour être plus précis, et pour les amateurs de chartisme et de précision : lorsque l’action a commencé sa descente, le support précis, selon les écoles chartistes, était soit de 22,20 euros, soit de 21,60 euros.
Nous avions dit dans le même article que si le support ne tenait pas, les 17 euros seraient ralliés assez rapidement.
Pour l’instant, comme nous l’avions prévu, le support est assez solide. Les deux tentatives assez fortes vers 19 euros, avec un plus bas en séance à 19,59 euros le 30 septembre puis à 19,95 euros le 1er octobre, ont immédiatement servi de tremplin à un très fort rebond.
Bien entendu, il s’agit de plus bas en séance uniquement. Au niveau des cours de clôture, le plus bas s’établit à 20,38 euros, le 29 septembre.
Et vous savez bien que pour dire qu’un support est cassé, il faut plusieurs journées sous le niveau du support. Voici les cours de clôture inférieurs à 21,60 euros, la plus basse des deux lectures, sur la période :
– 29 septembre : 20,38 euros
– 30 septembre : 21,24 euros
– 8 octobre : 21,30 euros
– 9 octobre : 21,16 euros
Dès le 1er octobre, la clôture repassait nettement au-dessus, à 22,28 euros. Et après la clôture du 8 octobre, le titre est repassé au-dessus dès les premières minutes de la séance suivante.
On notera aussi que le titre a clôturé à deux reprises exactement sur ce niveau, à 21,60 euros : le 28 septembre, puis le 5 octobre. Un niveau sur lequel le marché revient se poser deux fois n’est pas un niveau choisi au hasard.
Pour l’instant, le comportement de l’action donne donc plutôt raison à l’école des 21,60 euros.
Néanmoins, on peut analyser deux tendances : une volonté des acheteurs de s’installer au-dessus des 22 euros, et une volonté des vendeurs de faire désormais des 22,30 euros une résistance. Les deux zones sont matérialisées sur le graphique présenté ci-après : le support en vert, la résistance en rouge.

La chronologie du test du support
Le premier test du support remonte au 28 septembre, avec une clôture pile à 21,60 euros. Le lendemain, la séance du 29 septembre a pris la forme d’une grande bougie rouge : ouverture à 21,46 euros, clôture à 20,38 euros, soit une baisse de 5,65 %.
C’est à ce moment que le scénario des 17 euros devenait crédible. Il ne s’est pas réalisé.
Le 30 septembre, le titre touche 19,59 euros en séance, puis se retourne violemment pour clôturer à 21,24 euros, en hausse de 4,22 %. Le 1er octobre, nouvelle descente à 19,95 euros, puis envolée jusqu’à 23,14 euros, avant une clôture à 22,28 euros, en hausse de 4,90 %.
En deux séances, le titre a donc repris environ trois euros depuis son point bas.
Néanmoins, la séance du 1er octobre constitue un artefact pour une analyse graphique parfaite. Ce jour-là, Accenture a annoncé des prévisions meilleures que prévu, et toutes les ESN ont flambé. Cela a introduit un petit biais pour une analyse qui se veut purement chartiste.
Tout laisse à penser que, sans l’annonce d’Accenture, on aurait probablement fini la journée autour de 22 à 22,10 euros.
Des volumes de capitulation
Le détail le plus intéressant de ce rebond n’est pas le prix, mais le volume.
Le 30 septembre, 418 752 titres ont changé de mains. Le 1er octobre, 368 163. C’est environ trois fois le volume moyen du mois, qui tourne autour de 158 000 titres.
En analyse technique, un plus bas marqué sur des volumes exceptionnels, suivi d’un retournement immédiat, porte un nom : un climax vendeur. Les derniers vendeurs pressés ont vendu, et la contrepartie était là pour absorber.
Le second plus bas, à 19,95 euros, s’est établi légèrement au-dessus du premier, à 19,59 euros. Deux points bas rapprochés, le second plus haut que le premier : c’est le dessin d’un double creux en formation, sans qu’il soit encore validé.
On notera que la bande inférieure de Bollinger à 20 jours se situe aujourd’hui autour de 20 euros, précisément dans la zone où les acheteurs se sont manifestés.
Le signal d’essoufflement
La bougie du 1er octobre mérite qu’on s’y arrête. Son corps est large, de 20,54 à 22,28 euros, mais elle laisse une longue mèche haute jusqu’à 23,14 euros.
Ce plus haut n’est pas anodin : il se situe aujourd’hui pile au niveau de la moyenne mobile à 20 jours, que nous calculons à 23,04 euros. Le jour où le titre s’en approchera, il trouvera donc deux plafonds au même endroit.
Le lendemain, 2 octobre, le titre ouvre à 22,00 euros et clôture à 22,04 euros. Un corps quasi inexistant, entièrement contenu dans celui de la grande bougie verte de la veille.
Nous sommes allés chercher dans les fondamentaux de l’analyse chartiste japonaise, et nous avons trouvé des figures intéressantes, telles que le harami cross.
Littéralement, la « femme enceinte » : une grande bougie qui porte en elle une petite croix. Vous pouvez vérifier auprès de votre intelligence artificielle, ce n’est pas une blague. C’est un signal classique de perte d’élan après un mouvement fort. Vous la retrouverez encadrée en jaune sur le premier graphique, un peu plus haut.
La tradition attribue l’invention de ces chandeliers aux négociants en riz d’Osaka, au XVIIIe siècle. Ils n’avaient jamais entendu parler d’Atos, mais ils auraient reconnu le dessin.
La résistance se dessine
Depuis le 5 octobre, le comportement du titre est d’une régularité presque scolaire.
Le 5 octobre, le titre clôture de nouveau pile à 21,60 euros, exactement comme le 28 septembre. Les chartistes japonais ont un nom pour cette configuration, deux clôtures identiques encadrant une brève excursion sous le niveau : le kome-gaeshi, littéralement « le riz rendu ». Le marché rend ce qu’il avait pris.
Les plus hauts en séance s’établissent à 22,20 euros le 5 octobre, 22,22 euros le 6, et 22,30 euros le 7. Trois séances, trois tentatives, trois échecs dans un mouchoir de dix centimes.
Ce qui fait que, d’un ancien support, on aurait potentiellement désormais une résistance qui se serait créée sur ce seuil de 22,30 euros. Les vendeurs y attendent, et ils l’ont montré trois fois.
C’est d’ailleurs un grand classique du chartisme : un support enfoncé devient souvent ensuite une résistance. Les chartistes parlent d’inversion de polarité, et la raison en est très humaine. Ceux qui avaient acheté sur ce niveau, en pensant qu’il tiendrait, ont vu le cours plonger sous leur prix d’achat. Quand le titre y remonte, beaucoup en profitent pour sortir sans perte, et leurs ordres de vente forment un plafond.
En revanche, les clôtures oscillent de part et d’autre des 22 euros : 21,60 euros le 5 octobre, 21,88 euros le 6, 22,10 euros le 7. Les 22 euros jouent pour l’instant le rôle d’un pivot, d’un point d’équilibre, plus que d’une résistance franche.
Les acheteurs ne lâchent pas
Si l’on s’arrêtait là, le diagnostic serait simple : ancien support devenu résistance, configuration baissière.
Mais il y a l’autre moitié du graphique. Les plus bas en séance montent régulièrement : 21,22 euros le 5 octobre, 21,40 euros le 6, 21,44 euros le 7.
Un plafond horizontal et des planchers ascendants dessinent ce que les manuels appellent un triangle ascendant. C’est une figure réputée plutôt haussière : elle traduit des acheteurs qui acceptent de payer chaque jour un peu plus cher, face à des vendeurs qui ne bougent pas de leur prix.
Les deux tendances que nous évoquions plus haut sont donc lisibles directement sur le graphique.
La séance du 8 octobre
Le 8 octobre, le titre ouvre à 21,92 euros, monte chercher 22,16 euros, et bute immédiatement sur la zone des 22,10 euros.
Ce niveau n’a rien du hasard : 22,10 euros, c’est très exactement la clôture de la veille. Les vendeurs se sont présentés au prix où les acheteurs de la veille pouvaient sortir sans perte.
Le titre fait trois tentatives sur cette zone, à l’ouverture, en fin de matinée, puis peu après midi. Les trois sont rejetées entre 22,10 et 22,16 euros, la dernière étant la plus basse.
Après la troisième, le titre décroche par paliers. Il passe sous les 21,60 euros dans l’après-midi et touche un plus bas d’environ 21,05 euros, avant que le fixing ne le remonte à 21,30 euros, en baisse de 3,62 %.
C’est la première clôture sous les 21,60 euros depuis le 30 septembre. Mais un détail compte : le rebond de fin de séance, de 21,05 à 21,30 euros.
A posteriori, ce reflux de la baisse dans la dernière demi-heure de la séance peut être assimilé à un rachat forcé des day traders, contraints de solder leurs positions vendeuses avant la clôture.
Quoi qu’il en soit, les vendeurs n’ont pas réussi à faire passer le titre sous les 21 euros, qui forment un second support sous celui des 21,60 euros.
La séance du 9 octobre
Le rebond de ce matin n’était pas significatif : le titre a gagné plus de 3 % dans le premier quart d’heure, sur à peine 0,05 % du capital échangé, soit environ 10 000 titres.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, il devient un peu plus significatif, avec 0,3 % du capital échangé, soit environ 59 000 titres. Le titre évolue entre 21,90 et 22,12 euros, et a retouché la zone des 22,10 euros.
Si l’on raisonnait en continu, en faisant abstraction de la nuit, l’ouverture de ce jour invalide la tendance négative. Le support des 21,60 euros, enfoncé en clôture la veille, est réintégré dès les premières minutes. C’est la règle que nous rappelions plus haut : une seule clôture sous un support ne suffit pas à le déclarer cassé.
Pour l’instant, on observe donc un solide support dans la zone des 21,60 euros.
Rappelons que ces zones sont purement théoriques : dans la pratique, il est rarissime qu’elles obéissent à une logique d’exactitude. Sinon, tout le monde serait millionnaire en faisant de l’analyse chartiste.
Des volumes qui s’assèchent
Du 2 au 7 octobre, les volumes sont retombés entre 65 000 et 113 000 titres par séance, loin des 400 000 de la fin septembre.
Une compression des cours accompagnée d’un assèchement des volumes, c’est le schéma typique qui précède une sortie de range. Le marché reprend son souffle. Il ne dit pas encore dans quelle direction il repartira.
Après la séance du 8 octobre, le RSI à 14 jours se situe entre 29 et 34 selon le mode de calcul, à la lisière de la zone de survente. La dynamique de fond reste baissière, ce que confirme un titre qui évolue toujours sous sa moyenne mobile à 20 jours.
Les niveaux à surveiller
Depuis le 29 septembre, toutes les clôtures se situent entre 20,38 et 22,28 euros. Les acheteurs échouent sur la zone des 22,10 à 22,30 euros. Les vendeurs, eux, échouent sous les 20 euros : à deux reprises, le 30 septembre et le 1er octobre, le titre est passé sous ce seuil en séance, pour être aussitôt repoussé.
Le titre évolue donc dans un canal entre 20 et 22,30 euros, et la tendance viendra de sa sortie.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, et sous réserve de la clôture de la séance de lundi, on s’oriente vers une sortie par le haut du canal. Pourquoi lundi ? Pour la règle que nous rappelions plus haut : il faut plusieurs clôtures pour valider une sortie, celle de ce soir, puis celle de lundi.
Bien entendu, il s’agit d’une opinion purement chartiste, sans aucune analyse fondamentale derrière.
Une sortie par le haut supposerait des clôtures au-dessus de 22,30 euros. Le premier objectif serait alors le plus haut du 1er octobre, à 23,14 euros, qui se confond avec la moyenne mobile à 20 jours.
Un élément pourrait accélérer le mouvement : environ 3,6 % du capital d’Atos fait l’objet de positions vendeuses à découvert déclarées, dont une bonne partie ouverte ces dernières semaines. En cas de franchissement de la résistance, une partie de ces vendeurs pourrait être contrainte de racheter.
À l’inverse, une clôture sous les 20 euros signerait une sortie par le bas du canal, et rouvrirait le scénario des 17 euros que nous évoquions dans notre précédent article.
Nous maintenons notre recommandation, désormais à neutre puisque l’objectif de cours est atteint, et nous maintenons notre objectif de cours de très court terme à 22 euros.
Le calendrier offre par ailleurs un juge de paix tout trouvé : Atos publiera son chiffre d’affaires du troisième trimestre le 21 octobre. Une figure chartiste aussi comprimée a tendance à se résoudre sur ce type d’événement.
La séance du 9 octobre, suite et fin
L’après-midi a démenti la matinée. Après avoir buté à cinq reprises sur 22,10 euros le matin, le titre a glissé par paliers tout l’après-midi, porté par des ventes méthodiques en lots ronds de 500 et 1 000 titres. Le graphique présenté un peu plus bas retrace la séance transaction par transaction.
À 13 h 26, une cascade d’ordres stop a fait passer le titre de 21,90 à 21,72 euros en quarante secondes, pour à peine 73 000 euros de ventes. Le plus bas de la journée a été touché à 21,02 euros vers 17 h 11, sans qu’aucune transaction ne se fasse sous les 21 euros.
Le fixing de clôture s’est fait à 21,16 euros, en baisse de 0,66 %, sur au moins 25 000 titres. C’est la deuxième clôture consécutive sous les 21,60 euros.

La séance du 12 octobre
Le lundi a offert le plus beau grand huit de la série. Ouverture à 21,28 euros, pointe immédiate à 22,06 euros, puis rechute sous 21,30 euros en quelques minutes.
Le titre a ensuite percé les 21 euros jusqu’à 20,80 euros, avant de stagner tout l’après-midi dans un couloir étroit, puis de remonter en fin de séance pour clôturer à 22,00 euros tout rond, en hausse de 3,97 %.
On notera une série de sommets décroissants : 22,30 euros le 7 octobre, 22,16 euros le 8, 22,10 euros le 9 et 22,06 euros le 12. Même si ces mouvements se sont faits sur des volumes relativement faibles, une résistance s’est installée autour de 22,10 euros. Comme on le voit sur le graphique présenté ci-après, chaque séance s’arrête un peu plus bas que la précédente.

Côté vendeurs à découvert, PDT Partners a porté sa position de 0,81 % à 0,91 % du capital le 8 octobre, le jour même de la baisse de 3,6 %. Aucun des fonds déclarés n’a allégé sa position. Le graphique présenté ci-après montre que Systematica et PDT ont renforcé à chaque étape de la baisse, y compris au plus bas, les 29 et 30 septembre.

Seuils virtuels, seuils réels
Lorsqu’on parle de seuils techniques, de supports ou de résistances, ce sont des seuils virtuels, théoriques : c’est ce que dit l’analyse graphique. S’il s’agissait de seuils réels, tout le monde serait riche.
Un seuil annoncé à 21,60 euros peut s’avérer, une fois franchi, être en réalité à 21,50 ou à 21,70 euros. Il ne faut pas confondre seuil virtuel et seuil réel : l’analyse graphique n’a jamais confirmé un seuil à quelques centimes près. La semaine l’a d’ailleurs démontré : le support annoncé à 21,60 euros a été percé jusqu’à 21,02, puis 20,80 euros, avant que le titre ne revienne à 22 euros.
Mardi, séance capitale
La séance de ce mardi va être capitale. Trois scénarios se dessinent.
Soit l’action reste autour des 22 euros, entre 21,95 et 22,10 euros, et le seuil n’est pas franchi : pour l’instant, aucune tendance ne pourra se dessiner.
Soit le seuil est nettement franchi à la hausse, au-dessus de 22,10 euros, au minimum à 22,15 ou 22,20 euros, et l’on pourrait envisager une reprise haussière.
À l’inverse, si les 22 euros sont enfoncés dès le premier quart d’heure, que l’action va de nouveau chercher les 21 euros et qu’elle clôture significativement sous les 22 euros, c’est-à-dire à 21,95 euros ou en dessous, cela signifierait que l’on s’oriente petit à petit vers les 17 euros.
Il nous manque au minimum la séance de mardi pour trancher, mais c’est probablement mercredi que l’on saura enfin si l’on sort par le bas ou par le haut. Pour l’instant, à ce stade, c’est vraiment du 50-50. Aucune tendance nette ne se dessine, même si, a priori, les 22,10 euros sont très, très durs à franchir depuis trois séances.
La séance du 13 octobre
Mardi, le titre a ouvert en baisse à 21,84 euros, est monté chercher 22,14 euros dès 9 h 04, juste au-dessus des 22,10, puis a été rejeté aussitôt. À 9 h 06, il repassait sous les 22 euros, et touchait 21,54 euros vers 9 h 15.
La matinée s’est ensuite déroulée sans volume : à peine 0,19 % du capital échangé à la mi-journée. L’après-midi, le titre a glissé jusqu’à 21,46 euros, avant que le fixing ne le remonte de 21,52 à 21,64 euros. Clôture à 21,64 euros, en baisse de 1,64 %, sur 83 619 titres, soit 0,42 % du capital.
Au regard de nos trois scénarios, les 22 euros ont bien été enfoncés dans le premier quart d’heure, et la clôture s’est faite nettement sous 21,95 euros. Mais l’action n’est pas allée chercher les 21 euros : le plus bas s’est arrêté à 21,46 euros. Deux conditions sur trois, donc, et rien de tranché.
Côté vendeurs à découvert, PDT Partners était légèrement redescendu à 0,89 % le 12 octobre, avant de repasser à 0,90 % le 13. Du trading à l’intérieur de la position, pas un changement de conviction.
La séance du 14 octobre
Mercredi, scénario inverse. Ouverture en baisse à 21,52 euros, plus bas à 21,46 euros, puis une remontée régulière toute la matinée, jusqu’à un plus haut de 22,72 euros vers 13 h.
Pour la première fois depuis début septembre, le titre est repassé au-dessus de sa moyenne mobile à 20 jours, autour de 22,35 euros.
Mais les vendeurs attendaient au-dessus de 22,70 euros. L’après-midi, le titre a glissé jusqu’à tester les 22 euros vers 15 h 45, rebondi à 22,55 euros à l’ouverture de Wall Street, aussitôt revendu. Clôture à 22,00 euros tout rond, en hausse de 1,66 %.
Le volume, lui, a été le plus important depuis le 1er octobre : 215 748 titres, soit 1,08 % du capital.
La bougie du jour est une hausse surmontée d’une très longue mèche haute : les deux tiers de la hausse ont été repris dans l’après-midi. En lecture japonaise, c’est un rejet net de la zone des 22,50 à 22,70 euros.
C’est aussi la deuxième clôture à 22,00 euros pile en trois séances. Les 22 euros ne jouent plus le rôle de support ni de résistance : ils sont devenus un aimant, vers lequel le fixing ramène le titre, d’un côté ou de l’autre.
Au regard de nos trois scénarios, une clôture entre 21,95 et 22,10 euros signifie qu’aucune tendance ne se dessine. C’est exactement ce que le marché a dit, sur 1,08 % du capital.
Du 15 au 19 octobre : la série continue
Jeudi 15 octobre, le titre a reculé à 21,80 euros. Vendredi 16, il est monté régulièrement toute la journée jusqu’à 22,96 euros, avant d’être repoussé juste sous les 23 euros, pour clôturer à 22,46 euros.
Lundi 19, nouvel épisode : ouverture à 22,64 euros, puis glissade jusqu’à 21,58 euros en milieu de journée, sous le plancher de vendredi. À la mi-séance, la sortie par le haut semblait effacée. Le titre a pourtant été racheté dans l’après-midi, pour clôturer à 22,10 euros.
C’est pour ce genre de séance que nous surnommons Atos la série Netflix : chaque épisode se termine sur un rebondissement que le suivant contredit.
La séance du 20 octobre, veille de résultats
Nous avons arrêté notre analyse à 16 h 35, une heure avant le fixing de clôture. Le lendemain, mercredi 21 octobre, Atos publie son chiffre d’affaires du troisième trimestre : communiqué à 7 h 30, conférence à 8 h 30. C’est un événement qui ne relève pas de l’analyse chartiste, mais de l’analyse fondamentale, et les dernières opérations de la séance sont avant tout des paris sur ces résultats.
À 16 h 35, le titre avait ouvert à 22,12 euros, touché un plus bas de 21,82 euros en fin de matinée, puis stagné autour des 22 euros jusqu’à 14 h 45. Il est ensuite monté par paliers jusqu’à 23,02 euros, un nouveau plus haut, au-dessus des 22,96 euros de vendredi. Il cotait alors 22,84 euros, en hausse de 3,35 %, sur 150 538 titres échangés, soit 0,76 % du capital.
Pris au pied de la lettre, le graphique est clair : le titre est sorti par le haut du canal des 20 à 22,30 euros, et il évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 20 jours, autour de 21,96 euros. Un chartiste strict en déduirait une vive hausse ce mercredi, de 5 à 10 %, puis une tentative de rallier les 27 euros en quelques jours.
Mais si l’on veut être rigoureux, il faudrait retirer de l’analyse les deux dernières heures de cette séance, la dernière avant les résultats. Elles ressemblent moins à un mouvement de fond qu’à un pari de type « acheter la rumeur, vendre la nouvelle » : des opérateurs ont jugé le cours suffisamment bas pour que toute mauvaise nouvelle soit déjà dans les prix.
Sans ces deux heures, le titre aurait terminé autour de 22 euros. Et depuis le début de cette analyse, il n’y a jamais eu deux clôtures consécutives au-dessus des 22,15 à 22,20 euros, le seuil que nous avions fixé pour valider une reprise haussière.
En résumé
Le support n’a pas cédé au sens où nous le redoutions : la baisse vers 17 euros ne s’est pas produite, le rebond depuis 19,59 euros a été vigoureux, et chaque passage sous les 21,60 euros a été effacé dans les séances suivantes.
Mais depuis le 30 septembre, le titre n’a jamais réussi à sortir durablement de sa zone. Les acheteurs ne parviennent pas à enchaîner deux clôtures au-dessus de 22,15 euros, les vendeurs ne parviennent pas à le faire clôturer sous les 21 euros. En analyse chartiste stricte, la tendance n’est donc toujours pas connue la veille des résultats.
Ce seront les résultats du mercredi 21 octobre, des chiffres factuels et concrets, qui feront sortir le titre de son range. Autrement dit, un événement extérieur à l’analyse chartiste, qui relève de l’analyse fondamentale. C’est la limite de l’exercice : le graphique décrit l’équilibre entre acheteurs et vendeurs, il ne sait pas le rompre seul.
Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas les résultats (nous avons une petite idée, mais aucune certitude). Le scénario le plus probable, à nos yeux : une sortie du range violente, avec un mouvement d’au moins 5 %, dans un sens ou dans l’autre.
Une clôture au-dessus de 23,14 euros, le plus haut du 1er octobre, mettrait à moyen terme les 27 euros en ligne de mire. À l’inverse, une clôture sous 20,90 euros remettrait en ligne de mire les 17 euros que nous évoquions au début de cet article.
Reste un troisième scénario, le moins spectaculaire : des résultats un peu en dessous des attentes, mais sans mauvaise surprise. Le titre reculerait alors de quelques pourcents, sans casser aucune borne, et la série Netflix aurait droit à une saison 2.
Il sera intéressant de voir qui l’emporte : l’analyse fondamentale, qui fait les valeurs du blog depuis sa création, ou cette première tentative d’analyse chartiste.
Si le graphique a raison, l’action devrait s’envoler ce mercredi de 5 à 10 %, avant de viser les 27 euros. Mais ce qui sera publié ce matin aura, selon nous, beaucoup plus de poids que n’importe quelle figure. Et si l’action baissait, cela voudrait dire que le blog a eu raison de rester droit dans ses bottes : sur le moyen et le long terme, en bourse, seule l’analyse fondamentale gagne.
