Regardez bien l’ICE de Siemens en photo d’illustration de cet article. Ce fleuron de l’ingénierie allemande est conçu pour une seule chose : la vitesse. Mais aujourd’hui, cette vitesse n’est plus celle du progrès, c’est celle d’un aller simple vers le divorce. Pour Atos, ce transport n’est plus un partenaire de voyage, c’est un bolide qui s’éloigne à 300 km/h sur les rails de la désillusion, laissant la direction du groupe seule sur le quai, avec ses valises pleines de promesses périmées et de business plans fictifs.
Nous allons aujourd’hui nous livrer à un exercice de style particulièrement complexe. Nous allons devoir vous présenter ce qui s’apparente, au premier abord, à une bonne nouvelle par rapport à nos derniers articles. Mais comme toujours chez Atos, ce que l’on croit voir arriver comme un renfort n’est en réalité que le convoi funéraire qui emporte les derniers restes d’une gloire passée. Préparez-vous, ce dossier est dense, car la trahison industrielle qu’il décrit l’est encore plus.
Pour comprendre le départ ferme et définitif de Siemens, client n°1 d’Atos dans les mois qui viennent, il faut reprendre l’histoire d’un contrat très tumultueux dont les prémices du divorce apparaissent en 2021
I. Le Péché Originel : L’arbitrage budgétaire des 500 millions
Pour comprendre pourquoi l’allié historique file si vite aujourd’hui, il faut remonter au « deal » fondateur de décembre 2010. Lors du rachat de Siemens IT Solutions and Services (SIS) par Atos pour 850 millions d’euros, Siemens avait agi avec une prudence toute germanique. Conscient que sa filiale était en surpoids d’effectifs et techniquement en retard, le groupe munichois avait laissé environ 500 millions d’euros de cash dans les caisses destinés à un plan de restructurations qu’ils estimaient nécessaire et qu’en échange du bon prix, ils laissaient Thierry Breton réalisé.
C’était oublier que s’il y a un domaine, dans lequel Thierry Breton est autiste caractérisé, c’est dans l’intégration des sociétés rachetées. Même ses plus proches partisants le reconnaissent et nous l’ont fait savoir.
Dans l’esprit initial, cet argent était sanctuarisé : il devait servir exclusivement à financer la restructuration sociale de ce qui deviendra plus tard TFCo (Tech Foundations) pour rendre l’outil compétitif. Mais sous l’ère Thierry Breton, le premier un choix de gestion majeur sur Siemens a été opéré. La restructuration attendra : cette réserve de cash a été utilisée, entre autres, pour alimenter une politique de redistribution de dividendes particulièrement généreuse et d’autres acquisitions de petite taille.
Siemens, alors actionnaire à 15 % du capital d’Atos, a lui-même bénéficié de ces versements. Mais ce qui fut un gain immédiat pour l’actionnaire Siemens s’est avéré un désastre pour le client Siemens. En privilégiant le dividende à la restructuration, Atos a laissé TFCo s’enliser dans une structure de coûts inadaptée pendant une décennie.
Quelle n’a pas été l’insulte pour Siemens de voir, le 14 juin 2022, Rodolphe Belmer et Nourdine Bihmane présenter un plan de restructuration pour TFCo chiffré à 1 milliard d’euros ? Ce plan n’était pour la plus grande partie que la mise en œuvre, avec dix ans de retard et un coût doublé par le statu quo, de ce que Siemens avait déjà pré-financé en 2011. Il s’agira de licencier des milliers de consultants allemands avec les fameux plans de pension à verser au moment du licenciement ou à garder en dette dans le bilan.
II. Le contrat de 2015 : Le vernis des milliards et l’achat forcé d’Unify
Le premier contrat coure sur 7 ans de 2011 à 2018 et sur un montant d’environ 1Md€ par an. Atos gère 90% de l’informatique de Siemens.
Le 3 novembre 2015, Thierry Breton annonce un renouvellement anticipé. Sur le papier, c’est une preuve de « fidélité absolue ». Mais la réalité est sanglante. Voici l’extrait du communiqué officiel d’Atos du 3 novembre 2015 :
« L’accord de services informatiques existant a été prolongé de 3,23 milliards d’euros pour atteindre un volume total de 8,73 milliards d’euros d’ici le 31 décembre 2021. […] Siemens a l’intention de rester l’un des actionnaires de référence d’Atos à travers une prolongation du lock-up de ses actions de 12 % jusqu’au 30 septembre 2020. »
Sous ce vernis, c’est une capitulation. Pour obtenir ce chiffre global, Atos a accepté une réduction de l’engagement annuel de Siemens : il est passé de 1 milliard d’euros par an à seulement 700 millions. Atos a sacrifié 300 millions de revenus garantis annuels simplement pour afficher un gros chiffre.
Et il y a le « deuxième effet Kiss Cool » : en échange de son maintien au capital via un lock-up de 5 ans supplémentaire, ce qui est vu par le margé comme gage extrème de confiance et de stabilité, (Siemens ça n’est pas n’importe qui, un conglomerat de 120Md€) Siemens en contrepartie a forcé Atos à racheter sa filiale déficitaire Unify. Atos a payé 340 millions d’euros pour ce cadavre industriel qui sera bradé début 2023 pour environ 80 millions après avoir vu son CA fondre de 1,5 milliard à 500 millions. Atos a payé pour débarrasser les placards de Siemens.
III. L’ère Élie Girard : La « Magouille » des 3 milliards et le mirage des 7 ans
Nous arrivons au cœur du mécanisme de dissimulation de l’ère Élie Girard. En septembre 2020, Girard a un besoin vital de rassurer les marchés. Il veut impérativement annoncer un contrat de 3 milliards d’euros sur 5 ans (soit 600 millions par an). Mais le client, lucide sur la dégradation irrémédiable de la relation et de la qualité de service, refuse catégoriquement de s’engager sur un tel montant sur une durée aussi courte.
C’est alors qu’est mise en place une véritable « magouille » contractuelle, directement inspirée des pratiques du secteur aéronautique. Pour atteindre le chiffre magique de 3 milliards que Girard voulait absolument présenter au marché, les deux parties s’accordent sur un montage hybride : un contrat de 5 ans fermes plus 2 ans d’extension en option.
C’est un peu bidouillé. Si l’AMF s’en apercevait, il y’aurait bien une amende à la clef, mais comme il y a cette clause d’extension, Atos dirait qu’ils ont voulu simplifier la communication et cela serait réglé avec 1M€ d’amende…
Le mécanisme de l’option (via la métaphore de l’aviation) :
Imaginez une commande d’avions entre un constructeur et une compagnie aérienne. Lorsqu’une compagnie achète 100 appareils, elle signe souvent 60 unités « fermes » et 40 « options d’unités supplémentaires ».
Ce mécanisme permet à l’acheteur de sécuriser le même prix pour les unités ou les années de services supplémentaires s’il change d’avis dans le laps de temps prévu entre la commande et l’entrée en fabrication. Mais attention : dans ce montage, seul le vendeur est engagé. Le constructeur a l’obligation de livrer au prix convenu si le client le demande, tandis que l’acheteur conserve la liberté totale de ne jamais confirmer ses options sans avoir à se justifier.
Le piège est ici : ces 2 ans d’extension n’engagent que Atos. Siemens ne s’engage sur rien pour cette période. Durant ces deux années optionnelles, Siemens peut changer le périmètre ou le réduire selon son bon vouloir avec un simple préavis de 6 mois, sans payer la moindre indemnité à Atos. En gros, Siemens peut aller à la fin du contrat en septembre 2027 avec un contrat presque vide.
Si Siemens s’était réellement engagé, Atos aurait présenté cela comme un contrat sécurisant de 7 ans, surtout à un moment où les rumeurs de dissensions devenaient assourdissantes pour les investisseurs. Élie Girard a acheté quelques mois de calme boursier en masquant une fragilité contractuelle béante qui explose aujourd’hui : Siemens profite simplement de cette liberté pour ne pas exercer ses options et migrer massivement vers la concurrence.
V. Mai 2022 : La sortie du capital et le signal Ian Fleming
Un autre point crucial a été occulté. En mai 2022, Ian Fleming, représentant de Siemens, démissionne subitement du Conseil d’Administration d’Atos. Dans le monde des affaires, une société qui détient encore 10 % d’un partenaire stratégique garde son siège au Board. Le départ de Fleming signifiait que Siemens était déjà passé sous le seuil des 10 %.
À l’époque, dans le DEU 2021 publié en 2022, Atos écrivait encore 9,9 %. Mais comme il n’y a pas de seuil de déclaration obligatoire avant les 5 %, on peut imaginer que Siemens était déjà descendu à 5,01 % dès la publication dudit DEU en avril 2022.
Le désastre boursier de Siemens :
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La première tranche (5 %) a été vendue à un cours d’environ 25 €. (février mars 2022). C’est déjà une chute brutale par rapport au plus hauut de 100€ de 2016.
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Les derniers 5 % ont été liquidés au prix catastrophique de 8 € au moment de l’effondrement total de l’automne 2022 (avec un plus bas à 7€).
Dès cet instant, Siemens a cessé d’être un partenaire pour devenir un simple client. On peut imaginer que c’est à ce moment précis, au printemps 2022, que la décision de quitter Atos à terme été actée et due être validée définitivement lors de l’entrée en conciliation.
VI. Le grand dépeçage : La feuille de route secrète des repreneurs

Comme nous l’avons exprimé dans nos précédents articles, le départ de Siemens n’est pas un simple retrait, c’est une curée organisée. Toujours selon notre contact, la réduction du périmètre (scope) doit démarrer entre avril et juin 2026. Ce grand dépeçage est déjà acté et cible le cœur des infrastructures : les réseaux, le private cloud et les datacenters.
Nous avons appris récemment que parmi les nouveaux entrants, les hyènes prêtes à bondir, figure désormais ACCENTURE (a priori pour le Digital Workplace). Voici la liste complète de ces hyènes qui se partagent la dépouille d’Atos :
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Accenture (Digital Workplace) : C’est l’humiliation finale pour Atos. Voir un concurrent direct récupérer la gestion du poste de travail des 300 000 collaborateurs de Siemens. Le cœur de l’expérience utilisateur bascule chez l’ennemi.
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Evosoft (Réseaux) : Les activités réseaux filent chez cette société que Siemens a très opportunément rachetée en novembre 2025. Comme par hasard, le client prépare son auto-suffisance en rachetant les outils de sa propre indépendance.
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Infosys (Infrastructure) : Le solde du développement et de la maintenance applicative part chez le géant indien, prêt à absorber les volumes à des coûts qu’Atos, dans sa lenteur actuelle, ne peut plus concurrencer.
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HCL (Intranet) : La gestion de l’intranet des petites filiales du groupe a été fléchée vers ce second géant indien.
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Siemens (Ré-internalisation) : Le cœur critique du périmètre sera traité en direct par Siemens via une ré-internalisation massive. Ses filiales spécialisées ont recruté à tour de bras ces derniers mois pour reprendre la main sur les infrastructures vitales. Selon nos informations, il y aurait déjà eu un nombre important de transfuges, ce qui au final sera un mal pour un bien, Philippe n’aura pas à licencier. Car niveau PSE on a vu que c’était pas son fort en France… 😀
Atos ne perd pas seulement un contrat ; Atos perd son territoire historique au profit d’une meute de rivaux affamés et d’une stratégie de souveraineté technologique retrouvée chez Siemens.
VIII. Philippe Salle et Roland Busch : Rencontrer n’est pas réussir
Lors du dernier Capital Market Day, Philippe Salle avait annoncé en grande pompe, avec l’assurance de celui qui pense encore pouvoir renverser le cours de l’histoire, qu’il allait se rendre à Munich pour rencontrer Roland Busch, le PDG de Siemens.
Cette annonce m’a immédiatement rappelé une autre séquence diplomatique célèbre : la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans le Bureau Ovale. Comme Zelensky à Washington, Philippe Salle est allé chercher à Munich un soutien vital, une garantie de survie pour son plan de redressement. Mais à l’instar de la scène de la Maison Blanche, le nouveau patron d’Atos a appris à ses dépens que, dans la diplomatie de haut vol, le terme « rencontrer » ne signifie pas « réussir ».
Ce qui frappe le plus, c’est ce qui a suivi : le néant. Bizarrement, nous n’avons eu zéro communiqué officiel, zéro interview croisée, un silence radio total. Pas une seule photo de poignée de main n’a filtré sur les réseaux sociaux du groupe. Dans le monde des affaires, lorsqu’un PDG annonce un tel déplacement stratégique et qu’il ne produit aucune communication après coup, c’est que la rencontre a tourné au désastre.
On imagine aisément que l’entretien s’est déroulé dans le même climat polaire que celui du Bureau Ovale : une gêne palpable, des sourires crispés et une absence totale de convergence. Parfois, un silence vaut mieux qu’un long discours. Ce mutisme assourdissant nous dit tout ce qu’il y a à savoir : Siemens n’a plus rien à promettre à Atos. Le divorce est consommé, et Roland Busch a probablement profité de la visite pour confirmer de vive voix à Philippe Salle que le grand dépeçage vers la concurrence était irréversible.
VII. La « Bonne Nouvelle » (par rapport à nos derniers articles)
C’est ici que réside le paradoxe que nous soulignions en introduction. Nous vous annonçons une bonne nouvelle par rapport à nos derniers articles.
Sur ce blog, notre mode de fonctionnement depuis plus d’un an est calqué sur celui de la presse professionnelle : nous attendons toujours d’avoir deux sources indépendantes confirmant la même information avant de publier.
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La première source : Un ancien membre du comité de direction (Comex) m’avait expliqué dès février dernier (évoqué dans l’article il faut sauver le soldat Atos) qu’en 2020, le chiffre de 3 milliards était pour 7 ans et non 5 ans figurait dans les discussions. Par prudence, j’en étais resté à la somme officielle de 3 milliards divisée par 5, soit 600 millions par an, que j’avais réduite à 550 millions par an sur mon blog par sécurité. Car en théorie Siemens a l’obligation contractuel de réaliser ce CA. Le CRA 1.0 si on suite la poésie de Philippe Salle.
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La deuxième source : J’ai enfin eu hier la confirmation par un cadre supérieur d’Atos que le chiffre d’affaires réel généré par Siemens était en réalité autour de 400M€ pour l’exercice 2024.
Le calcul arithmétique devient alors indiscutable si l’on divise les 3 milliards annoncés par Girard par les 7 ans (incluant les options d’extension), on arrive à 428M€/an. On est parfaitement dans l’ordre de grandeur confirmé par ce haut cadre.
Estimation Blog pour 2025 : Pour l’exercice 2025, la donne change. Avec un premier allègement du périmètre après l’expiration du contrat ferme en octobre 2025 et le passage au néologisme comptable « CRA 2.0 », le déclin s’accélère. On peut raisonnablement imaginer qu’il se situe entre 360M€ et 380M€, chiffre qu’Atos a du intégrer dans son book to Bill du T4.
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Pourquoi une bonne nouvelle ? Parce que perdre circa 380M€ (estimation blog Vs 420M€ en 2024) fait techniquement « moins mal » au compte de résultat 2027 et 2028 que de perdre les 550M€ que nous redoutions initialement. Pour Philippe Salle, l’impact comptable sera plus « facile » à absorber.
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Le revers : Cela prouve surtout que la direction a systématiquement menti au marché sur l’importance réelle du contrat. Néanmoins, même « réduit » à 400 millions, Siemens reste 3 fois plus gros que le client numéro 2 du groupe, l’Etat du Texas qui s’en va aussi au passage ! Le n°1 et n°2 en même temps, il est fort le Philippe.
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Le départ expose enfin la réalité des chiffres dissimulés depuis 2020 et va rétablir la transparence.
IX. Le Silence Assourdissant : Pourquoi Atos ne dément même pas ?
Par le passé, Atos n’a jamais hésité à user de son influence contre notre blog. Nous avons eu droit à des démentis officiels de Philippe Salle lors d’AG, suite à des articles, à des courriers d’avocats et même à une plainte au PNF à l’été 2023 ce qui fut de la dénonciation calomnieuse car cette plainte a été classé sans suite sous quelque mois, sans que Atos ne prenne la peine de retirer l’annonce de son site…
En résumé, dès qu’une information les dérangeait, la machine à « démentis » s’activait. Ou au pire, très discrètement sur le forum Boursorama dont 80% des posts sont pas des employés d’Atos ou ex-employés d’Atos en retraite comme Soleil78, membre de la cellule de veille des réseaux sociaux. Si-si Soleil78, pas la peine de mentir nous avons des preuves.
Mais aujourd’hui ? Rien. Un silence de plomb.
Philippe Salle, qui a pourtant démenti l’affaire de son « Welcome Bonus », refuse de prononcer le mot « Siemens ».
Pourquoi ?
Parce que démentir le départ effectif alors que les négociations sur les transitions fees avec Infosys sont en phase finale et en ce moment sur le bureau de Philippe Salle. Démentir ce serait risquer la case prison pour communication trompeuse.
Pour tenter de masquer ce silence, Salle a dû improviser poète de la finance avec le néologisme désormais culte CRA 2.0. Comme Atos n’a pas d’engagement ferme de commandes de la part de Siemens, pour sauver son Book-to-Bill, Atos a créé ce néologisme comptable et utilisé le CA de 2025 dans le book to bill du T4, au lieu de modéliser le CA réel basé sur les discussions de transitions et le calendrier de départ déjà fixé sur une partie significative du scope. Utiliser le CA d’un client dont on sait qu’il part, en base proforma dans le Book to Bill est un exercice de lyrisme comptable indécent. Cette « poésie » tente de masquer l’impossibilité de remplacer un tel volume dans un marché des ESN atone.
Conclusion : Le Spin du 6 mars
Le 6 mars prochain, Atos va tenter de présenter ce désastre comme une opportunité. Ils expliqueront que ce contrat était un assimilé « red contract » à marge presque nulle. Ils diront que l’impact sera relatif et que tout sera « digéré » en un exercice.
C’est l’art de voir le verre à moitié plein quand le réservoir est percé. Le départ de Siemens est l’acte de décès définitif du Plan Genesis. L’ICE a passé la vitesse supérieure, la locomotive munichoise est déjà loin, et Atos regarde les feux rouges s’éteindre dans le lointain. Terminus, tout le monde descend.
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Le blog est sympa, et comme Atos va devoir très probablement mettre la main à la poche ce vendredi, nous leur avons pré-préparé le communiqué de Presse :
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
(Projet blog ironique)
Atos franchit une étape clé du Plan Genesis en privilégiant la rentabilité de son portefeuille de contrats
Bezons, le 6 mars 2026 – Atos, leader international de la transformation numérique, annonce aujourd’hui une décision structurante dans le cadre de l’exécution de son Plan Genesis. Inscrit dans sa trajectoire de reconquête d’une profitabilité pérenne, le Groupe fait de la sélectivité de ses contrats la priorité absolue de sa stratégie opérationnelle. Atos met donc fin à ses relations avec son partenaire historique Siemens afin d’améliorer la rentabilité du groupe.
Alignement sur les objectifs de marge du Plan Genesis
Dans le cadre des discussions relatives au renouvellement du contrat avec Siemens, Atos a porté une ambition forte de revalorisation de ses services, en ligne avec ses nouveaux standards de performance. Les parties n’ayant pu s’accorder sur les niveaux de marge opérationnelle requis par le cadre du Plan Genesis, le Groupe a pris la décision, en concertation avec son client, de ne pas reconduire cette relation commerciale sous sa forme actuelle.
Bien que le contrat Siemens ne figurait pas dans la catégorie des « red contracts » (contrats à marge nulle), son taux de marge opérationnelle s’en rapprochait significativement. Compte tenu de l’objectif central du Plan Genesis d’atteindre une marge opérationnelle de 9 % à l’horizon 2028, Atos privilégie désormais la création de valeur sur le volume d’affaires.
Impact financier et mise à jour de la trajectoire
Atos précise que cette décision n’aura aucun impact sur la marge opérationnelle du Groupe. La déconsolidation du revenu de notre partenaire historique sera même relutive dès l’exercice 2027.
Le Groupe anticipe toutefois un ajustement de son chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 300 à 350 millions d’euros. En conséquence, si les objectifs de profitabilité sont réaffirmés, Atos ajuste sa trajectoire de croissance : les objectifs de chiffre d’affaires initialement fixés pour 2028 sont désormais reportés à l’horizon 2030.
Un désengagement graduel et une collaboration R&D maintenue
Afin de garantir la continuité de service pour les activités concernées, Atos et Siemens ont convenu d’opérer une fin de relation commerciale en douceur. Ce désengagement graduel s’étalera sur une période de 12 mois, débutant à l’été 2026 pour s’achever à l’été 2027. Les partenariats stratégiques au sein des Joint-Ventures axées sur la R&D sont conservés, permettant d’optimiser les coûts de Recherche & Développement du Groupe.
Déclaration de Philippe Salle, Président-Directeur Général d’Atos :
« Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers Siemens pour ces quinze années de partenariat. Aujourd’hui, notre stratégie est résolument tournée vers la restauration de nos fondamentaux économiques. Le Plan Genesis impose une discipline rigoureuse : nous préférons décaler nos objectifs de croissance à 2030 plutôt que de compromettre la reconstruction de notre marge. En agissant avec responsabilité, nous sécurisons la valeur à long terme pour nos actionnaires tout en préservant le respect mutuel qui nous lie à nos partenaires historiques. »
Déclaration de Roland Busch, Président-Directeur Général de Siemens AG :
« Siemens et Atos partagent une histoire industrielle commune depuis 2011. Nous respectons la décision d’Atos de faire évoluer son modèle économique dans le cadre du Plan Genesis. La rigueur stratégique insufflée par Philippe Salle est essentielle pour la pérennité d’un acteur majeur de la Tech européenne. Siemens s’engage à travailler de concert avec les équipes d’Atos pour assurer une transition fluide de nos services d’infogérance entre 2026 et 2027. Nous nous réjouissons de maintenir nos liens stratégiques en R&D et souhaitons au Groupe une pleine réussite pour l’avenir. »
À propos d’Atos Atos est un leader international de la transformation numérique avec environ 62 000 collaborateurs. Numéro un européen du cloud, de la cybersécurité et des supercalculateurs, le Groupe s’engage dans une trajectoire de profitabilité renforcée à travers le monde.
Article réalisé en mode hybride avec Gemini 3.1 Pro.
Que signifie hybride ? Que la trame et les chiffres et les informations sont de ma main, la création syntaxique des de mon nouvel meilleur ami Gemini 3.1 et corrigé par ma main après production.
