
Nous avons vu dans l’article précédent que le Book-to-Bill était un véritable « feu d’artifice » (au sens propre comme au sens figuré : beaucoup de bruit, de la lumière, et surtout beaucoup d’artifices comptables).
[Pour les plus jeunes d’entre vous, la photo d’illustration est extraite d’une émission culte « Le Grand Bluff » de Patrick Sébastien].
Mais une fois la fumée des fusées dissipée, il est temps d’ouvrir le capot pour regarder le vrai moteur de la machine Atos : La Marge Opérationnelle (MOP).
Philippe Salle annonce fièrement une MOP supérieure à 4%, dépassant ainsi ses objectifs initiaux. Sur le papier, c’est une victoire totale : non seulement l’exploitation tiendrait bon, mais elle pulvériserait les objectifs. Le plan Genesis est présenté comme un véritable rouleau compresseur d’efficacité.
On croirait presque entendre le PDG fanfaronner en réunion de négociation :
« Messieurs les créanciers, vu ma performance, là c’est plus à -400 points de base qu’il faut me refinancer, mais à -500 pdb ! Mon redressement est spectaculaire. »
Sauf que dans la réalité, ce chiffre est le fruit d’une manipulation comptable massive que l’on appelle dans le jargon anglo-saxon le « Kitchen Sinking » (l’art de tout jeter avec l’eau du bain). C’est une méthode digne des pires heures de l’ère Bertrand Meunier : on nettoie le haut du bilan pour toucher ses bonus, et on cache la poussière sous le tapis du bas de bilan.
D’ailleurs ce qui est intéressant, c’est que le chiffre de 340M€ ne doit absolument RIEN au hasard. On aurait pu dire à Philippe Salle, et moi le premier OK 4% c’est bien, mais 4% sur 8Md€ contre 4% sur 8.5Md€, ça fait 20M€ en moins et la dette, elle, n’est pas en % mais en euros. Or ce chiffre de 340M€ c’est exactement 4% sur 8.5Md€.
Philippe, vous êtes vraiment le KING du Windows Dressing !! Respect ! Ca flirte avec la perfection 😀 😀
1. Le Mystère de l’Enveloppe « Genesis » (Les 700 M€ disparus)
Pour comprendre le tour de passe-passe, il faut revenir avec précision sur les engagements pris lors du Capital Market Day (CMD) du 14 mai 2025. Ce jour-là, Philippe Salle présentait son plan de sauvegarde « Genesis » aux investisseurs. Dans les slides « Investisseurs » (toujours disponibles sur le site pour ceux qui savent chercher dans les archives), il demandait une enveloppe de 700 M€ de coûts de restructuration pour transformer le groupe sur une période de 3 ans.
La promesse de lissage : Pour rassurer le marché sur la consommation de cash (le cash burn), il était contractuellement prévu d’étaler ces charges dans le temps de manière dégressive :
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2025 : 50% de l’enveloppe (soit environ 350 M€).
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2026 : 25% (soit environ 175 M€).
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2027 : 25% (soit environ 175 M€).
La Réalité (selon nos informations) : La ficelle est énorme, mais elle est passée. Philippe Salle n’a pas respecté ce lissage. Selon nos sources internes concordantes, il a déjà consommé près de 80% de l’enveloppe totale sur la seule année 2025.
Pourquoi brûler 560 M€ de cash de restructuration en 9 mois au lieu des 350 M€ prévus ? La réponse est simple et cynique : Il profite de l’année 2025 (qui est de toute façon « perdue » aux yeux du marché) pour « purger » tous les coûts possibles et imaginables. Mais surtout, cela lui permet de nettoyer artificiellement la Marge Opérationnelle en basculant des charges courantes dans cette enveloppe « exceptionnelle ». C’est un transfert de charges du « Haut » (Opérationnel) vers le « Bas » (Non Courant) pour embellir la mariée.
2. Le détournement de la norme IFRS : « Restructuring » ou « Rightsizing » ?
C’est ici que l’analyse devient didactique, mais elle est cruciale pour les auditeurs et les analystes crédit qui nous lisent. Pour s’adapter à la chute brutale du chiffre d’affaires, Atos a vu ses effectifs fondre de près de 20 000 personnes en un an.
Comment comptabiliser le coût colossal de ces départs (indemnités, transactions, plans de départ) ? Philippe Salle a décidé de classer la quasi-totalité de ces coûts dans la ligne « Charges de Restructuration » (donc en « Non Courant », en dessous de la MOP). C’est uniquement grâce à cette classification qu’il peut afficher une MOP à 4%.
La Règle (IAS 37 & IAS 1) : Selon les normes internationales, il y a une différence fondamentale que la direction feint d’ignorer : Pour être classé en « Restructuring » (donc en « Non Courant », sous la MOP), un coût doit être lié à un changement stratégique de périmètre ou d’organisation (fermeture d’une ligne de produit, sortie complète d’un pays, plan social pour fermeture d’usine).
Ce qui est Opérationnel (et devrait impacter la MOP) : C’est l’ajustement de la force de travail à la baisse des volumes, ce qu’on appelle le « Rightsizing ».
Prenons un exemple simple : Si le Chiffre d’Affaires baisse de 10% et que vous licenciez 10% des gens pour maintenir votre marge, c’est de la gestion courante. C’est le coût normal de l’activité. Cela doit venir dégrader la MOP.
L’astuce de Salle : Il fait passer une baisse d’effectif liée à la baisse d’activité (opérationnel) pour un plan de transformation stratégique (exceptionnel).
Verdict : Si Philippe Salle a mis 20 000 licenciements dans la case « Restructuration » alors que la majorité ne sont là que pour compenser la perte de contrats (comme le départ de Siemens ou la baisse US), la MOP de 4% est totalement fictive. C’est du dopage comptable. Si l’on réintègre ces coûts de « Rightsizing » dans l’opérationnel (comme le voudrait une lecture stricte et honnête des comptes), la Marge Opérationnelle réelle d’Atos n’est pas de 4%. Elle est probablement autour de 2%, voire nulle.
3. De la MOP au ROP : Le Tableau de la Honte
Lors de la présentation des résultats complets, je vous invite à ne pas regarder le gros chiffre en haut de la page, mais à scruter le tableau de passage « De la MOP au ROP » (du Résultat Opérationnel d’Activité au Résultat Opérationnel). C’est là que gît le loup.
Vous allez voir une MOP positive (+340 M€) anéantie par une ligne « Autres charges opérationnelles non courantes » monstrueuse (les fameux 80% du plan Genesis utilisés en un an).
La conséquence : Une Perte Nette Abyssale Comme il n’y a jamais eu de guidance (prévision) sur le Résultat Net, la direction va communiquer uniquement sur la MOP « tenue ». Mais l’addition finale sera terrible. Faisons le calcul que la direction ne met pas en avant :
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MOP (4%) : +340 M€
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Restructuration (les fameux 80% du plan Genesis) : -600 M€ (estimation basse)
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Dépréciations d’actifs (Goodwills, etc.) : – XXX M€
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Frais Financiers (Coût de la dette restructurée) : – XXX M€
Une fois l’addition faite, nous nous dirigeons vers une Perte Nette annuelle très supérieure à -1 000 M€. Le bénéfice d’exploitation affiché n’est qu’un mirage qui ne couvre même pas le tiers des coûts de restructuration réels.
4. Le Danger Mortel : Capitaux Propres Négatifs
Au-delà de l’affichage, cette manipulation a une conséquence gravissime pour la survie de la société, qui devrait faire hurler les agences de notation Fitch et S&P.
Une perte nette de cette ampleur va venir impacter directement les Capitaux Propres (Equity). Alors qu’Atos sort à peine d’une restructuration financière complexe censée assainir le bilan, cette perte massive risque de faire rebasculer la société en Capitaux Propres Négatifs.
Dire que le plan est « en avance » alors que l’Equity repasse dans le rouge est une aberration financière. Une société en capitaux propres négatifs est techniquement insolvable. Elle ne survit que par le soutien artificiel de ses créanciers. Fitch et S&P ne s’y tromperont pas : une MOP à 4% ne vaut rien si le bilan est détruit.
5. Le Narratif « Genesis en Avance » : L’Aveu d’une Bérézina
Pour finir, il faut tordre le cou à l’élément de langage le plus insidieux du communiqué : « Le plan Genesis est en avance sur le calendrier ».
C’est un aveu cruel. En finance, quand un PDG vous dit qu’il a consommé en un an le budget de restructuration prévu pour trois ans, ce n’est pas un signe de « vitesse d’exécution ». C’est un signe de panique.
La démonstration par A + B est implacable :
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A. Si vous aviez prévu de dépenser 175 M€ en 2026 et 175 M€ en 2027 pour transformer l’entreprise…
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B. … et que vous êtes obligés de rapatrier ces fonds en urgence sur 2025 pour colmater les brèches…
C. C’est que la situation 2025 était bien pire que prévu. Philippe Salle n’est pas « en avance ». C’est une communication NARRATIVE de crise, mais pas « à la Frédéric Fougerat » malheureusement, qui a polissé son image durant 20 ans et qui vole désormais de ses propres ailes. Le style Fougerat selon Gemini c’était l’élégance et la prudence sémantique, la transparence et la rigueur intellectuelle. Là désolé pour la dame qui le remplace, mais c’est de la comme de crise « grasse », « huile de vidange », avec des ficelles ultra-lourde. Aux questions des journalistes sur mes derniers articles, j’imagine déjà « comment pouvez vous donner du crédit à un blog que le justice va faire fermer d’ici quelques semaines… » ou « Comment pouvez-vous donner du crédit à un blog contre lequel nous avons porté plainte au PNF ? Tout en leur cachant que cette plainte a été classée sans suite« . J’imagine que c’est ce qui a dû être répondu peu ou prou aux impertinents qui ont dû questionner la ComFi ou la DirCom aux sujet de mes articles des derniers jours.
Mme DirCom, tant que vous mentirez aux actionnaires, je vous haïrai et je vous déboîterai par ma plume avec plaisir. On a tous un petit côté Robin des Bois en soit, Le mien il juste un peu plus gros que la moyenne et je trouve cela fascinant de traquer le mensonge des émetteurs voyous.
Atos est en crise, hormis le cash, grâce à l’optimisation de BFR non sollicité ou à la Mr Jourdain (c’est noté, c’est de l’optimisation forcée par le destin, on vous donnera des bons points), Atos va avoir au minimum -3% de baisse de CA à comparable et passera selon le blog sous les 6.8Md€ de CA en 2026 du fait du départ partiel en 2026 et définitif en 2027. Et 2027 sera AUSSI en décroissance organique à cause de l’Ai, le prix moyen de chaque prestation va baisser par rapport à 2025 grâce à l’aide exponentielle de l’Ai, ce qui n’a pas été budgétisé le 14 mai 2025.
Je suis droit dans mes bottes, vous mentez de manière éhontée aux investisseurs. Madame la DirCom, je vous emmerde !! La plainte au PNF a été classée sans suite et votre avocat cite dans ses conclusions des arrêts de la cour d’appel qui ont été cassé par la cour de cassation. Vous êtes ridicule et après avoir dépensé 200 000€ pour me faire taire, vous me débectez à mentir encore plus qu’avant ! Demain, mon conseil va montrer à la justice vos impostures en les mettant au grand jour. Et ça sera un plaisir pour moi de recevoir un chèque de votre part pour le préjudice moral que vous m’avez causé. [c’était une parenthèse – coup de gueule du jour].
Philippe Salle est en train de cannibaliser le budget des années futures pour survivre à l’année en cours. Il hypothèque 2026 pour sauver l’apparence de 2025.
Ce n’est pas une marche triomphale vers le redressement. C’est une Bérézina budgétaire où l’on brûle les ponts et les munitions de demain simplement pour essayer de traverser la rivière aujourd’hui. Dire « je suis en avance » quand on a vidé la caisse des deux prochaines années, ce n’est pas du management, c’est de l’inconscience.
C’est pour ça qu’obtenir un refinancement à la baisse (non plus -300, mais -400 voire -500 points de base) est désormais sa seule chance de survie. Il doit absolument réduire la charge d’intérêts de 60 à 70 M€ par an pour compenser le budget Genesis qu’il a déjà vidé.

5. L’Objectif Caché : La Négociation de la « Grosse Bertha »
Pourquoi Philippe Salle prend-il le risque de maquiller à ce point la mariée, avec des ficelles aussi grosses que le « Kitchen Sinking » ou le Book-to-Bill dopé ? Parce qu’il joue sa vie (et celle du groupe) dans une négociation financière de couloir.
Ne nous y trompons pas. Ce communiqué n’est pas fait pour les actionnaires (il n’y en a plus). Il est écrit pour une seule audience : les Hedge Funds et les banques. Philippe Salle, que nous renommerons pour l’occasion Philippe Fablle, leur raconte une histoire merveilleuse pour obtenir deux choses vitales :
-
Baisser le taux d’intérêt de la dette (passer de -300 à -400, voire -500 points de base).
-
Gratter une année de plus sur l’échéance (maturité).
Pourquoi Philippe Salle prend-il le risque de maquiller à ce point la mariée, avec des ficelles aussi grosses que le « Kitchen Sinking » ou le Book-to-Bill dopé ? Parce qu’il joue sa vie (et celle du groupe) dans une négociation financière de couloir.
Ne nous y trompons pas. Ce communiqué n’est pas fait pour les actionnaires (il n’y en a plus). Il est écrit pour une seule audience : les Hedge Funds et les banques. Philippe Salle, que nous renommerons pour l’occasion Philippe Fablle, leur raconte une histoire merveilleuse pour obtenir deux choses vitales :
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Baisser le taux d’intérêt de la dette (passer de -300 à -400, voire -500 points de base).
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Gratter une année de plus sur l’échéance (maturité).
Mais si l’histoire est si belle et les ficelles si grosses, c’est qu’en coulisses, l’ambiance est funèbre. Selon nos contacts internes, la réalité est tout autre : le pipeline commercial est vide et le client Siemens est bel et bien sur le départ. Cette dichotomie entre la « Fable » et le « Réel » trahit une panique profonde chez le PDG.
Il faut dire que Philippe Salle est un homme seul. Il est orphelin de son communicant de toujours, cet homme de l’ombre qui lui servait de parachute et de boussole, et qui, pour la première fois, a refusé de monter à bord de cette galère. Sans ce filet de sécurité, la communication devient erratique, brutale, presque désespérée.
Il se murmure même dans les couloirs de Bezons que je le traumatiserais. Allons, un peu de sérieux. Prenez votre téléphone, Philippe. On ne va pas se manger. Appelons-nous et reconstruisons ensemble un Business Plan crédible pour Atos, comme j’avais tenté de le faire à l’époque avec le projet « Refocus Not Split« . Vous verrez, mes bonnes idées à moi, elles coûtent beaucoup moins cher que celles de Bain & Company… et elles ont le mérite de ne pas être basées sur des artifices.
Par contre, si vous m’appelez, SVP modifiez votre avatar WhatsApp (l’œil de Terminator), car ça va me faire péter mes stents ! 😀
6. La Loi des Séries (Jamais deux sans trois)
Finalement, Philippe Fablle ne fait que marcher dans les pas de son illustre prédécesseur.
Souvenons-nous : Bertrand Meunier avait réussi en 2022 l’exploit d’obtenir un prêt syndiqué de 2,9 Milliards d’euros sans aucune sécurisation (unsecured). Une prouesse d’illusionniste réalisée en masquant dans le Document d’Enregistrement Universel (DEU) le risque sur la continuité d’exploitation, avec la complicité (selon nous) de Deloitte. C’était du vent, mais c’est passé.
Et comme on dit l’adage « Jamais deux sans trois », alors pourquoi pas tenter. Regardez la séquence, elle est fascinante :
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(1) L’Illusion Meunier (2022) : Le prêt syndiqué de 2,9 Md€ obtenu au bluff.
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(2) L’Orgueil des Banques (Juillet 2024) : La New Money, où les créanciers ont remis au pot par fierté mal placée (et pour protéger leur collatéral) plutôt que d’accepter l’argent frais de Kretinsky.
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(3) La Fable de Salle (Janvier 2025) : C’est le chapitre qu’il est en train d’écrire sous nos yeux.
Philippe Fablle se dit qu’avec une « Grosse Bertha » pareille (une MOP affichée à 4% et un plan Genesis soi-disant « en avance »), le coup va passer. Le financement est déjà acquis, il s’agit « juste » d’améliorer les conditions. Certes, le style est gras. Certes, la ficelle est énorme. Mais si Meunier a réussi à lever 2,9 milliards sur un mensonge par omission, Philippe Fablle devrait bien réussir à gratter 500 points de base avec un bilan maquillé. Pour si peu… ça devrait le faire.
7. Lettre ouverte de Marc Prily à Mazars
« Messieurs les Associés de Mazars,
Il nous a été présenté ce matin des comptes non audités. C’est précisément le moment d’agir. Vous savez que votre serviteur a créé une association 1901 l’UPRA pour informer les actionnaires qu’ils avaient la possibilité de se réunir et de faire une classe action à la française.
Il y a actuellement 900 actionnaires cumulant circa 50M€ de pertes sur l’action Atos qui ont donné mandat à Me Sophie Vermeille pour assigner vos confrères et prédécesseurs Deloitte, en réparation de leur préjudice pour faute comptable supposée, ainsi que votre confrère et Commissaire aux Comptes associé à votre cabinet Grant Thornton. Vos confrères vont recevoir l’assignation d’ici quelques semaines, dernier délai fin février.
Il est d’ailleurs encore temps pour tous les actionnaires qui ont réalisé des pertes sur des actions achetées avant janvier 2024 de se joindre à ce collectif (Adresse : www.atosauditaction.com). Même après l’envoi de l’assignation, il sera encore possible de rejoindre ce collectif, mais les retardataires seront acceptés uniquement pour les pertes dépassant 30 000 € compte tenu des frais fixes de traitement de chaque dossier. Je vous rappelle que vous n’avez aucune avance de fonds à faire pour cette procédure, financée par le fonds de contentieux IVO, et qui ne se paiera qu’en cas de victoire par une commission sur les sommes recouvrées.
Si l’aventure Atos tournait mal et qu’il faille assigner de nouveau ses auditeurs pour une éventuelle complaisance, l’UPRA reprendrait du service. Nous comptons sur votre vigilance sur le respect des normes IFRS quant aux licenciements opérationnels versus licenciements exceptionnels. Il va de soi que si la marge restait à 4%, vous seriez complice d’ingénierie financière.
Nous n’avons cependant aucun doute, messieurs les associés de Mazars, qu’étant un cabinet français, vous saurez respecter les valeurs de notre pays. »
Pourquoi Philippe Salle prend-il le risque de maquiller à ce point la mariée, avec des ficelles aussi grosses que le « Kitchen Sinking » ou le Book-to-Bill dopé ? Parce qu’il joue sa vie (et celle du groupe) dans une négociation financière de couloir.
Ne nous y trompons pas. Ce communiqué n’est pas fait pour les actionnaires (il n’y en a plus). Il est écrit pour une seule audience : les Hedge Funds et les banques. Philippe Salle, que nous renommerons pour l’occasion Philippe Fablle, leur raconte une histoire merveilleuse pour obtenir deux choses vitales :
-
Baisser le taux d’intérêt de la dette (passer de -300 à -400, voire -500 points de base).
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Gratter une année de plus sur l’échéance (maturité).
Mais si l’histoire est si belle et les ficelles si grosses, c’est qu’en coulisses, l’ambiance est funèbre. Selon nos contacts internes, la réalité est tout autre : le pipeline commercial est vide et le client Siemens est bel et bien sur le départ. Cette dichotomie entre la « Fable » et le « Réel » trahit une panique profonde chez le PDG.
Il faut dire que Philippe Salle est un homme seul. Il est orphelin de son communicant de toujours, cet homme de l’ombre qui lui servait de parachute et de boussole, et qui, pour la première fois, a refusé de monter à bord de cette galère. Sans ce filet de sécurité, la communication devient erratique, brutale, presque désespérée.
Il se murmure même dans les couloirs de Bezons que je le traumatiserais. Allons, un peu de sérieux. Prenez votre téléphone, Philippe. On ne va pas se manger. Appelons-nous et reconstruisons ensemble un Business Plan crédible pour Atos, comme j’avais tenté de le faire à l’époque avec le projet « Refocus Not Split ». Vous verrez, mes bonnes idées à moi, elles coûtent beaucoup moins cher que celles de Bain & Company… et elles ont le mérite de ne pas être basées sur des artifices.
Par contre, si vous m’appelez, modifiez votre avatar WhatsApp (l’œil de Terminator), car ça va me faire péter mes stents ! 😀
Conclusion : Le Spectre de Thierry Breton et Bertrand Meunier
En affichant une Marge Opérationnelle « ajustée » flatteuse de 4% tout en cachant une perte nette abyssale sous le tapis de l’exceptionnel, Philippe Salle ne fait rien de nouveau. Il réactive la vieille machine à fumée d’Atos.
C’est exactement la méthode qui a mené le groupe à sa perte sous l’ère Meunier / Breton : On se félicite d’une rentabilité théorique (qui déclenche les bonus du management), pendant que la structure financière réelle (le Bilan et les Capitaux Propres) se désintègre.
Philippe Salle a utilisé 80% de ses cartouches de restructuration dès la première année pour se peindre un visage acceptable. La ficelle est grosse, mais elle permet de tenir jusqu’au refinancement. Après… ce sera le problème des créanciers. Mais quand on a des fonds propres négatifs, on ne négocie plus : on supplie.
A suivre, notre tableau de la MOP au ROP prévi vers 15h.
