Sous-Titre : « Window Dressing » de haute voltige – Message à Syquant, Attestor & Co
Sous-Sous-Titre : Attention messieurs les Créanciers, Philippe Salle est en train de vous vendre une coquille vide avec votre propre argent.
Bon, on a bien ri ce matin avec le chiffre d’affaires piloté au millimètre pour sauver le « 8 » (8 001 M€). On a souri devant les fournisseurs gelés pour la photo. Mais maintenant, on arrête la plaisanterie.
Ce communiqué n’est pas un rapport financier. C’est une plaquette commerciale désespérée. C’est du « Window Dressing » de haute voltige conçu pour un seul et unique public : VOUS, la meute des fonds et créanciers qui tenez le groupe à la gorge depuis la conciliation.
Car la réalité qui transpire de ce document, c’est un Philippe Salle fébrile, en panique totale, qui doit vous vendre un rêve inaccessible pour éviter l’exécution sommaire.
Il faut retourner au 1er Aout 2023 pour trouver une telle escroquerie communicationnelle. Pour ceux qui connaissent bien le dossier, le 1er Aout 2023, c’était « TFCo est vendue pour 2Md€ à Daniel Kretinsky » et le fameux « élimage de BFR »…
1. L’Appel aux Armes (Qui est vraiment autour de la table ?)
Pour comprendre la sueur sur le front de la direction ce matin, il faut se rappeler qui tient le couteau. Je m’adresse ici aux « Rois Mages » (Melquart, Shaw, Tresidor), mais pas seulement.
Ce message est pour les durs du SteerCo obligataire, ceux qui ont mené la vie dure à Hélène Bourbouloux durant la conciliation : Syquant Capital, Diameter Capital, Anchorage, Boussard & Gavaudan, Attestor et que sais-je…
Vous, les créanciers seniors, vous n’avez aucun intérêt sentimental à sauver Atos pour prolonger l’agonie. Si vous réalisez que le business ne repartira pas, vous préférerez le démantèlement immédiat. Pourquoi ? Parce que votre dette est « seniorisée » et garantie par des collatéraux massifs. En cas de liquidation, vous vous servez les premiers sur la bête (MCS, AVANTIX, IPSOTEK, etc…) et récupérez votre mise.
Et d’ailleurs si ça n’était pas votre projet, vous n’auriez pas migré l’ensemble du groupe Atos dans un TRUST aux Pays-Bas, régi par le droit Luxembourgeois avec la bénédiction d’HB. (Rappel pour les Boursoramen naïfs). D’ailleurs pourquoi vous appeler « Les fonds vautours » si ce n’était pas votre intention ? Dépecer la bête au premier signe de faiblesse.
Philippe Salle le sait. Il sait que Syquant ou Attestor ne font pas dans la charité. Il doit donc maquiller la mariée pour vous prouver qu’il y a de la croissance, sinon vous couperez le robinet et enclencherez le démantèlement.
2. Philippe Salle : Le VRP de l’extrême (et le « Monsieur Jourdain » du BFR)
Dans ce contexte de survie, le PDG s’est transformé en VRP de l’extrême. Il fait actuellement le siège des ministères et de ses « Grands Clients Étatiques » (EDF, SNCF, CEA, DGA, Bercy…).
Son discours est un SOS : « S’il vous plaît, payez-moi comptant ! Tout de suite ! Faites un geste patriotique ! » Concrètement, il demande à l’État de faire de l’affacturage gratuit. Il leur demande de payer avant l’heure pour gonfler sa trésorerie artificiellement et vous rassurer, vous les fonds voraces.
Le plus savoureux ? C’est que Philippe Salle, parce que c’est gratuit, ne réalise même pas ce qu’il fait. À l’instar de Monsieur Jourdain, Philippe Salle fait de l’optimisation de BFR sans le savoir. Il présente ça comme une victoire managériale (« Le cash est là ! »). En réalité, c’est l’aveu d’une trésorerie aux abois qui ne tient que par la perfusion de ses clients publics.
3. Le « Book-to-Bill » : L’illusion vitale pour les banquiers
Pour empêcher les autres d’appuyer sur le bouton « Liquidation », il faut leur vendre de la croissance. Le ratio affiché est de 122%. C’est magnifique. C’est surtout faux.
Le blog va procéder à une « Normalisation » rigoureuse (terme adoré par Atos) pour montrer ce qu’il reste vraiment une fois qu’on enlève le maquillage.
A. Le Cas Siemens : Le retour des « Rois Mages«
La direction explique l’accélération en Allemagne par cette phrase sibylline :
« Portées par l’application de l’accord de relation client (CRA 2.0) entre Atos SE et Siemens AG sur la base des résultats réalisés au 31 décembre 2025. »
Décryptage : Atos ne veut pas vous avouer que Siemens s’en va. Ils ont activé le CRA 2.0, un artifice juridique qui permet d’intégrer dans le carnet de commandes futur le même chiffre d’affaires que l’année dernière, en se basant sur le contrat en cours, alors que le client réduit la voilure (voir explication juridique en fin d’article).
Le Calcul du « Vent » : Le contrat initial était de 1,4 Md€ sur 2 ans (700 M€/an). Répartition estimée « au doigt mouillé » : 70% Atos / 30% Eviden. Pour construire son Book-to-Bill de 122%, Atos a comptabilisé ces volumes passés comme s’ils étaient acquis.
Correction Blog : On retire cette fiction. Soyons gentils, n’enlevons qu’un semestre de visibilité fictive : -250 M€.
B. Le Cas Alice Recoque : Le contrat « Fantôme »
Direction Eviden. Le ratio explose à 229%. Pourquoi ? Grâce à la commande du supercalculateur Alice Recoque (montant estimé : 500 M€).
C’est là que la ficelle devient une corde pour se pendre.
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Ce contrat appartient à l’entité BULL SA (HPC).
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Or, BULL SA a vocation à sortir du périmètre. Déconsolidation d’ici quelques semaines (31 mars).
Atos vous vend un avenir radieux en incluant dans ses commandes un actif qui est déjà dans les cartons de déménagement !
Correction Blog : On retire ce contrat qui ne générera pas de cash récurrent pour le futur Atos. -500 M€.
4. Le Verdict Mathématique : 85% (et non 122%)
Messieurs de Syquant, Attestor, Boussard, regardez bien les chiffres que Philippe Salle vous cache. Une fois « normalisé » :
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Prises de commandes affichées : 2 444 M€
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Moins la fiction Siemens (Rois Mages) : -250 M€
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Moins le contrat Alice (Bull sortant) : -500 M€
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Commandes Réelles (« Normalisées ») : 1 694 M€
👉 Le Vrai Ratio ou Book-to-Bill NORMALISÉ c’est : 1 694 / 2 004 = 0,085 soit 85% au lieu de 122%
5. Le Signal Faible (qui hurle) : Clay Van Doren claque la porte
Pour finir, messieurs les créanciers, si les mathématiques ne vous convainquent pas, regardez les hommes. Il y a un départ qui est passé presque inaperçu, mais qui est assourdissant pour qui sait lire l’organigramme.
Clay Van Doren, le patron des ventes, le « Growth CEO », l’homme censé incarner la croissance… s’en va. Il quitte le navire au moment précis où Atos annonce un Book-to-Bill « historique » de 122% et une explosion des commandes chez Eviden à 229%.
Bizarre, vous avez dit bizarre ? Posons-nous la question calmement : Dans quel monde un Directeur Commercial démissionne-t-il le jour de son triomphe ? Si ces chiffres étaient réels, Clay Van Doren serait en train de négocier un bonus pharaonique. Il serait sur l’estrade à côté de Philippe Salle pour recevoir les lauriers.
S’il part maintenant, c’est pour une seule raison : il sait que « le pipeline » est vide. Il sait que les gros contrats sont anecdotiques. Il sait que ce Book-to-Bill est une construction intellectuelle fragile (Siemens + Alice). Il sait que ces commandes « juridiques » ne se transformeront pas en cash « opérationnel ». Il refuse probablement de porter la responsabilité de l’effondrement futur quand la réalité reprendra ses droits sur le fichier Excel.
Quand le capitaine du navire « Croissance » saute dans le canot de sauvetage alors que la direction annonce « Terre en vue », c’est généralement qu’on se dirige droit sur un iceberg.
Conclusion
Philippe Salle joue sa survie sur ce « Window Dressing ».
Il tente de vendre du rêve à des financiers froids qui ont le doigt sur la gâchette des collatéraux. Il vous présente :
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Un CA maintenu au dessus des 8Md€ (PROBABLEMENT grâce à une facture de 2/3 M€ de début janvier et rapatriée au 31/12).
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Du Cash (grâce à la mendicité auprès de l’État et l’acompte HPC Alice).
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De la Croissance (grâce à des artifices juridiques sur Siemens et Bull).
La réalité, c’est une contraction de l’activité de 20%. Si vous refinancez sur cette base, c’est uniquement pour prolonger l’agonie le temps de mieux découper la bête. Mais au vu de ces chiffres maquillés, vous pourriez bien décider que la plaisanterie a assez duré.
Personnellement, je trouvais que le retour au CAC40 dans la revue Investir (de mémoire), c’était rigolo une fois. Mais la deuxième couche devant Sophie de Menton sur Cnews avec le retour au CAC sous 3 ans (donc dans 2 ans et demi vu que l’interview date de juin), ça commençait à ressembler à une plaisanterie de très mauvais goût.
Ceux qui ne connaissaient pas Philippe Salle, ils auront peut-être désormais compris le fonctionnement de l’homme. Je vous rappelle l’anecdote contée par un ex-Foncia. Comme les taux de résiliations des Syndicats de copropriétés chez Foncia étaient autour de 30% (énormissime dans la profession), Philippe Salle achetait un nouveau syndic par semaine pour le ramener le taux de résiliation dans la norme du marché qui était de 15%. Aujourd’hui le Syndic s’appelle Atos et le taux de résiliation est aussi de 15% par rapport à 2024.
La seule grosse et même très grosse différence, c’est qu’il n’y a pas assez de cash pour racheter un syndic par semaine. Donc on fait avec les moyens du bord, on habille, on rase gratis, et on va parler en cachette aux journalistes pour leur conter la fable… Pour vous, pas de conférence call, vous n’écrivez pas d’articles, et on vous l’a expliqué dans l’article Les Rois Mages, les actionnaires, c’est Melquior, DE Shaw et Tresidor. Pas vous.
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ARTICLE PARTIE II
ANALYSE JURIDIQUE DE LA PHRASE SUR LA FIN DU CONTRAT SIEMENS
« Le CRA 2.0 »
Voici l’analyse juridique et sémantique détaillée de cette phrase clé, telle que le blog l’a analysée après consultation d’un expert en la matière.
C’est ce qu’on appelle en droit des contrats une « clause de sauvegarde du chiffre d’affaires » (ou revenue protection clause), habillée en langage marketing.
La phrase incriminée :
« Par région, l’Amérique du Nord et l’Allemagne ont accéléré leurs performances au cours du trimestre, notamment portées par l’application de l’accord de relation client (CRA 2.0) entre Atos SE et Siemens AG sur la base des résultats réalisés au 31 décembre 2025. »
1. Le terme « Application de l’accord » par opposition à « Signature de contrats »
Dans une communication financière saine, pour justifier une croissance, on écrit : « Portée par la signature de nouveaux contrats » ou « Portée par l’augmentation des volumes », ou « portée par le renouvellement du contrat X » ou « de l’extension du contrat X ».
Ici, Atos écrit : « Portée par l’application de l’accord« .
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Traduction juridique : La performance ne vient pas d’une dynamique commerciale (le client n’achète pas plus), elle vient de l’activation d’une clause contractuelle. C’est l’activation d’un mécanisme juridique qui est censé générer du chiffre d’affaires, pas un besoin client.
2. Le « CRA 2.0 » (Customer Relationship Agreement)
C’est le nom de code pour le nouveau cadre contractuel avec Siemens.
Si Siemens restait un client normal et engagé, on parlerait de « renouvellement » ou d' »extension ».
Le terme « CRA 2.0 » suggère une renégociation cadre, typique des phases de transition ou de désengagement progressif (Exit Management).
C’est un accord qui régit la relation (souvent la fin de celle-ci) plutôt que la prestation pure.
3. « Sur la base des résultats réalisés au 31 décembre 2025 » (La clé de l’arnaque intellectuelle)
C’est le segment le plus important. Pourquoi préciser que l’accord est basé sur les résultats passés (réalisés au 31/12) ?
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Analyse : Cela signifie que le contrat garantit à Atos un maintien des volumes de facturation (ou un engagement de commande) calculé sur l’historique 2025, indépendamment de la réalité des besoins pour 2026.
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Mécanisme : C’est une clause de type « Take-or-Pay » ou « Baseline Protection ». Siemens s’en va, mais pour partir, ils ont accepté de payer (ou de garantir dans le carnet de commandes) un montant équivalent à ce qu’ils payaient en 2025, sans doute pour une période limitée (6 mois), le temps de migrer.
Conclusion
Juridiquement, cette phrase est un aveu : Atos facture du passé, pas de l’avenir. Ils intègrent dans leur Book-to-Bill (commandes futures) un volume qui est une photographie figée du passé (31 décembre 2025), alors que la dynamique réelle du compte Siemens est baissière (départ programmé).
C’est ce qui nous permet d’affirmer que ce montant de Book-to-Bill est « fictif » en termes de croissance pérenne. C’est une rente de situation juridique temporaire, utilisée pour gonfler artificiellement le carnet de commandes le jour de la présentation aux banquiers.
Si avec tout ça, les fonds vautours ne voient pas que le Roi est nu, c’est qu’ils ont décidé de fermer les yeux.
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Soutenez notre blog contre l’attaque judiciaire inique d’Atos
Je rappelle que notre blog a été attaqué lâchement en justice par Philippe Salle pour supprimer un espace de liberté qui rééquilibre l’asymétrie d’information entre les mensonges de la DirCom et ce qui se passe réellement au sein de la société dont vous êtes actionnaires ou salariés.
Le problème est qu’ils ne demandent pas le retrait d’articles, mais la fermeture pure et simple du blog via une assignation fleuve comportant au total avec les annexes 2034 pièces et une audience sous un délai de 6 semaines, afin de nous asphyxier de couts d’avocats. Nous sollicitons à cette occasion la solidarité de nos lecteurs car les couts d’avocats vont se monter à plus de 20 000€, sachant que nous n’avons pas fait de campagne en 2025 pour la participation aux frais techniques du blog qui ont été étoffés cette année par le harcèlement fait par Atos à nos hébergeurs et la nécessité de changer sur des hébergements bien plus couteux. Le coût des frais techniques cette année est de 4500€.
Si vous estimez que ce n’est pas votre affaire de participer aux frais de justice du blog, vous pouvez néanmoins supporter les coûts techniques, sachant que les articles eux, sont bénévoles.
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Atos a attaqué notre blog en justice via une procédure léonine pour le faire fermer en totalité. La probabilité de perdre ce procès est minime et nous ferions appel. Néanmoins, si cela devait arriver, nous vous conseillons de vous inscrire à notre newsletter pour continuer à recevoir les contenus par email.
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