Ou quand le PDG devient un lièvre – Anatomie d’une imposture boursière
Le blog lance sa bombe. Nous sommes en mesure d’affirmer que Philippe Salle a bien touché un Welcome Bonus en 2024 sous forme de stock-options déguisées, et qu’il n’a pas mis 1 centime des 9 M€ de sa poche.
Le blog vous explique en détail cette arnaque géante à l’AK où un PDG se transforme en lièvre mercenaire au service de fonds vautours.
Retour au 26 janvier 2026.
Ce jour-là, l’action Atos parade à 60 € pour la première fois depuis la restructuration.
Les gazettes financières, toujours promptes à célébrer le vainqueur du moment, hurlent à la « résurrection ». Les analystes, qui conseillaient de vendre à 1 € jadis, révisent leurs cibles à la hausse avec une insolente absence de pudeur. L’euphorie est totale. Hélène Coumes d’AlphaValue s’en va même à rêver d’un cours à 99 €. Il n’y a que Derric Marcon, l’homme aux « tricky questions », qui est toujours taiseux et dont on attend toujours la note d’analyse.
Mais au milieu de ce bal masqué, un détail m’obsède.
Je cherche désespérément la déclaration AMF où Philippe Salle annoncerait avoir remis une « louche » de 10 à 15 millions d’euros de son propre patrimoine (évalué à plusieurs centaines de millions d’euros par Le Monde) dans la machine.
Pourquoi pas, après tout ? Il a bien mis 20 M€ dans Foncia faisant de lui un des plus gros actionnaires (mise initiale estimée par le blog 20 à 30 M€). Il a déclaré au moment de son départ pour Atos rester un des plus gros actionnaires de Foncia (enfin Emeria). Selon des ex-Foncia, il possèderait entre 9 et 10 % du capital, contre 1,5 % pour Atos, même s’il est probablement à ce jour le plus gros actionnaire petit porteur.
Si le plan Genesis est une telle réussite, si la « Remontada » dont il nous a parlé le 21 janvier dernier est en marche, pourquoi le capitaine ne remonte-t-il pas dans son propre navire, excepté ces frileux 1,5 M€ remis du bout des doigts en septembre dernier, pour la forme, afin que son petit Jacky comme il l’appelle, ne se sente pas trop seul avec ses 50 000 € mensuels injectés en actions Atos ?
Si tout est si rose, pourquoi le patron ne se baisse-t-il même pas pour ramasser par terre de l’argent facile alors qu’il est multimillionnaire ?
Pourquoi, alors qu’il promet un avenir radieux, son portefeuille reste-t-il désespérément figé ?
Ce silence de l’AMF est le fil rouge qui m’a conduit à rouvrir le dossier… et remonter à l’été 2024.
Et ce que j’y ai trouvé n’est pas une « Recovery » industrielle. C’est l’aboutissement d’une des manipulations boursières les plus cyniques de la décennie. Nous sommes face à la réussite spectaculaire d’une opération de sauvetage de bilan… pour les fonds spéculatifs. Au cœur de cette machination, un homme : Philippe Salle. Et un rôle, un seul : celui du Lièvre mercenaire.
CHAPITRE 1 : Le Poker Menteur des créanciers (L’épisode Butler et le trou des 175 M€)
Pour comprendre pourquoi Philippe Salle a été parachuté chez Atos et pourquoi il ne remet pas au pot aujourd’hui, il faut remonter à la source du chaos : l’été 2024.
D’un côté, Daniel Kretinsky. Il a l’argent, il a la vision industrielle, mais il veut effacer l’ardoise. De l’autre, un consortium de créanciers (Hedge Funds et Banques) qui n’ont aucune compétence industrielle mais une arrogance sans limite. Ils sont persuadés qu’Atos est une mine d’or mal gérée. Leur credo ? « On a l’argent, on garde les clés, on vire le management et on redresse la boite « finger in the nose » ». Par pur orgueil, ils évincent Kretinsky. Ils veulent tout le gâteau.
Ils se tournent alors vers David Layani (Onepoint). Mais très vite, la mécanique se grippe. Fin juin, le coup de grâce tombe : Butler Capital, l’un des partenaires clés du consortium, claque la porte. Le château de cartes tremble. Layani se retrouve seul à devoir combler le trou laissé par Butler pour atteindre les 230 millions d’euros amenés par le « consortium Layani », les seuls réels fonds propres de ce plan acrobatique, là où Kretinsky en amenait 700 M€.
C’est ici que l’histoire bascule. Dans le deal Consortium Layani + Créanciers, OnePoint devait apporter 175 millions d’euros et Butler et Econocom la différence.
En perdant Butler et Econocom, Layani se retrouve en position de faiblesse. La masse de fonds apportée devient d’un intérêt moindre. Et entre Les fonds et Layani, c’est un secret de polichinelle, ça a toujours été un peu « je t’aime moi non plus ». Layani a été utile pour faire voter le plan, le rendre plus sexy, là les créanciers ont une opportunité de faire sortir du game l’encombrant entrepreneur qui avec 17.5% voudrait controler Atos.
Aussi, le scénario est simple à imaginer. Les banques et les fonds exigent de Layani qu’il compense la défection de leurs partenaires. Mais Layani n’est pas suicidaire. Il refuse de porter seul le risque que Butler a fui. Le 25 juin 2024, il bloque son compteur et refuse de se suicider financièrement pour les beaux yeux des banques. Les fonds, furieux, posent un ultimatum : « Tu mets les 230 M€ ou tu dégages.»
Layani dégage. Après le temps de la témérité vint le temps de la sagesse. Souvent quand un projet coince, il faut avoir la sagesse de reconnaitre que ça devait pas se faire.
C’est ici que se joue le drame interne. Sans Onepoint, il n’y a plus personne pour mettre les 175 M€ de « Fresh Money » dont la boîte a besoin vital. Les leaders du consortium décident alors de faire payer les Petits Porteurs (PP) via une augmentation de capital (AK) en leur faisant croire que comme ça ils ne seraient pas dilués. Mais au sein du pool bancaire, la fronde s’organise. Les banques les plus prudentes, effrayées par le départ de Layani, tapent du poing sur la table :
« Votre plan avec les Petits Porteurs est trop risqué. Si Layani est parti et que les PP ne viennent pas à l’AK, qui paie le trou ? Nous, pas question de payer l’ardoise à sa place. »
Coincés, les leaders du SteerCo — notamment D.E. Shaw et Tresidor — n’ont pas le choix. Pour que les banques acceptent de signer l’Accord de Lock-Up, ils doivent s’engager personnellement à garantir le succès de l’opération. Ils signent un Backstop de 175 millions d’euros.
Traduction : « Si les Petits Porteurs ne viennent pas à l’AK, ou en partie, c’est NOUS (les 8 fonds du SteerCo) qui sortons les 175 M€ en cash ». Ils viennent de se menotter au radiateur avec une dette qu’ils détestent par-dessus tout : l’obligation de sortir de l’argent frais pour boucher le vide laissé par Layani si l’AK, d’aventure, venait à ne pas être souscrite.
CHAPITRE 2 : Après le départ de Layani, Le Grain de Sable du deuxième départ…
Les fonds avaient un plan (l’argent du Backstop forcé) et une fois Layani dégagé un pilote tout trouvé : Paul Saleh, le futur DG, véritable « bras armé » des créanciers. Paul Saleh est un financier, il connait leur monde, leur courant est bien passé, vraiment bien passé vraiment très très bien passé… d’ailleurs le plan a été accepté… Bon je m’arrête là
Mais le 22 ou 23 juillet 2024, le jour de l’audience pour de l’ouverture de la procédure de sauvegarde accélérée, tout déraille. Une dispute homérique éclate entre Jean-Pierre Mustier et Paul Saleh (voir articles blog de l’époque. Pour la faire courte, Mustier vire Saleh sans ménagement. Il sera même, comme nous l’avions signalé, privé de cérémonie d’ouverture des J.O de Paris.
Mustier accepte de faire l’intérim et va cumuler les fonctions de président et DG, jusqu’à ce qu’un DG soit trouvé. Jean-Pierre Mustier a sauvé l’honneur sur la fin, un américain pour restructurer des actifs en partie souverain, ça faisait quand même un peu désordre. Ce fut la décision la plus sage de sa mandature.
La nouvelle fait l’effet d’une bombe dans les salles de marché de Londres et New York. Les « Rois Mages » (Melqart, DE Shaw et Tresidor) perdent leur homme de confiance à 24 heures du jour J. Logiquement, ils auraient dû mettre sur pause et réfléchir. Mais ils ont déjà signé l’accord de Lock-Up. Ils sont juridiquement « collés » au dossier. Ils se retrouvent donc garants d’une AK massive de 230 M€, sans pilote dans l’avion, et avec la certitude terrifiante que si les PP ne souscrivent pas, ils devront signer le chèque de 175 M€.
CHAPITRE 3 : La Théorie du Lièvre Mécanique – L’arrivée de Salle
L’automne 2024 arrive. L’action a perdu 90 %. Les petits porteurs sont rincés, furieux, et n’ont aucune envie de remettre un centime dans une machine à laver qui tourne à vide. La pression sur D.E. Shaw, Tresidor et le reste du SteerCo devient insoutenable. S’ils ne trouvent pas un moyen de faire payer le marché, le couperet du backstop tombera sur leurs propres fonds.
Il leur faut impérativement un Lièvre. Dans les courses de lévriers, le lièvre est un leurre mécanique qui court pour exciter les chiens. Les fonds ont besoin d’un lièvre pour exciter les petits porteurs et les pousser à souscrire à l’AK. Ils tentent d’abord Thierry Delaporte (ex-Wipro). Mais Delaporte flaire le piège et refuse. Il ne reste que le Plan C : Philippe Salle.
Salle est « bankable », il sait vendre du rêve, il a une image de redresseur d’entreprises. Mais Salle n’est pas fou. Jamais il ne lui serait venu à l’esprit une seule seconde de mettre son propre argent dans ce bourbier. Les fonds doivent donc fabriquer un conte de toutes pièces, le « PDG Mécène » qui va sauver Atos et mettre au pot. Une première dans l’histoire.
Il fallait un miracle pour convaincre le marché de mettre 230 M€ dans une boîte dont la dette PIK (capitalisée) rongeait déjà les fondations. Ce miracle s’appelle Philippe Salle. Mais Philippe Salle n’est pas un philanthrope. Il sait qu’Atos est un champ de mines. Les fonds lui ont donc concocté un LBO de poche en prêt non-recours. Car ils savent que le LBO, c’est le péché mignon de Philippe Salle. Il a déjà fait la triplette chez Foncia grâce à un montage de Sweet Equity.
CHAPITRE 4 : L’Anatomie du Pari Gratuit – Le Montage « Non-Recourse »
Le 15 Octobre 2024, jour de l’audience cruciale au Tribunal, un Communiqué de Presse tombe à 8h00 : « Philippe Salle nommé PDG… a l’intention d’investir au moins 9 millions d’euros dans la restructuration ». Le timing est chirurgical.
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Pour le Tribunal : Cela simule une stabilité retrouvée.
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Pour le Marché (VOUS) : C’est le signal d’achat pavlovien. « Le nouveau patron met 9 briques de sa poche à l’aveugle ! Suivons-le ! ».
Le secret des 9 Millions : Le montage « Non-Recourse Loan »
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Le Prêt : Les créanciers ont prêté les 9 M€ à Salle ou une structure contrôlée par Salle sous forme de LBO. C’est-à-dire que la totalité de la somme est prêtée, zéro apport pour Salle.
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L’AK : Salle utilise cet argent pour souscrire à l’AK au prix bradé de 0,0037 €.
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L’Absence de risque : Le Non-Recours. C’est le cœur de l’embrouille. Si Atos remonte, Salle vend, rembourse le prêt et garde la plus-value. C’est le principe de la stock-option. On ne l’exerce que si l’action monte. Si l’action baisse on n’a rien gagné mais on n’a rien perdu. Ici, avec le prêt sans recours, si l’action vaut zéro, Salle rend simplement les actions aux créanciers et la dette est effacée. Risque personnel pour Salle : ZÉRO.
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Les Intérêts PIK : Les intérêts du prêt sont capitalisés. Salle n’a aucune sortie de trésorerie.
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Le But : Créer l’illusion. En annonçant qu’il investit 9 M€ le jour de l’audience, il rassure le Tribunal et sert de « leurre » pour les petits porteurs.
L’échec humiliant de l’AK pour les Rois Mages :
L’illusion a marché, mais seulement à moitié. Le cynisme est ici à son apogée : Salle a reçu un ticket de loto gratuit payé par les créanciers. Mais contrairement à ce qu’espéraient les fonds, les petits porteurs n’ont pas gobé l’appât en totalité. Sur les 230 M€ attendus, les PP (dont les 9 M€ fictifs de Salle) n’ont levé que 55 M€.
La conséquence : L’AK a été un échec commercial cinglant. Le couperet est tombé. Les fonds ont été humiliés et ont dû exercer leur backstop, décaissant les 175 M€ de leur propre poche.
Toutefois, il faut nuancer. Si l’AK n’avait pas été totalement souscrite, ça aurait donné un signal terrible au marché. Même cet apport microscopique en capitaux propres, 230 M€ (contre 700 M€ pour Kretinsky pour rappel), s’il avait été réduit à une part incongrue de 175 M€, aurait transformé cette restructuration en farce. L’honneur est à demi sauf, la société Atos va encaisser 230 M€, mais sans les 9 M€ de Philippe Salle, le compte n’y était même pas. Ces 55 M€ d’argent frais des PP, c’est 55 M€ de dette en moins à rembourser pour Atos. Le grand gagnant c’est donc la société qui a sauvé la face, et Philippe Salle a gardé son Welcome Bonus pour avoir au moins essayé de faire le lièvre.
CHAPITRE 5 : Le Grand Lessivage (Le Concassage de la Dette)
Si Philippe Salle a été parachuté avec son « investissement » de 9 millions d’euros, c’est pour servir d’anesthésiste pendant que les créanciers opéraient le plus grand transfert d’actifs de l’histoire de la place de Paris. La conversion de la dette n’a pas été un sauvetage, mais un concassage de l’actionnaire historique.
1. L’arithmétique de la dépossession
Le plan prévoyait la conversion de 2,9 milliards d’euros de dettes non sécurisées en capital. Mais le diable est dans le prix de conversion.
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Alors que l’actionnaire historique voyait ses titres s’évaporer, les créanciers (le SteerCo et le CoCom) ont converti leurs créances à un prix de référence de 0,0132 €.
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Le résultat : Une dilution de 99,9 %. Pour l’actionnaire qui possédait 1 % d’Atos avant la restructuration, sa part a été réduite à 0,001 %. Vous n’avez pas été dilués, vous avez été effacés.
2. Le rôle du « Fresh Money » (L’Augmentation de Capital)
Pour valider ce hold-up, il fallait injecter 230 millions d’euros de fonds propres frais. C’est ici que le Lièvre Salle intervient. En faisant courir les petits porteurs (PP) avec son signal d’achat de 9 M€, il a permis de lever cette partie indispensable au plan.
3. Des Banquiers et des Loups (Le Nouvel Actionnariat)
Depuis la restructuration, Atos n’appartient plus aux épargnants, mais à un cartel de créanciers aux intérêts radicalement divergents.
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3.1 Le SteerCo (Les Loups) :
Composé de 8 fonds spéculatifs (D.E. Shaw, Tresidor, Syquant, etc.), ils sont les nouveaux maîtres. Ils détiennent l’essentiel du capital via la conversion. Contrairement aux actionnaires, ils ne visent pas le dividende, mais la plus-value de sortie via les BSA à 0,0001 €. Ils verrouillent l’equity pour les 5 prochaines années.
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3.2 Le CoCom (Les Banquiers et la Tactique des « Cookies ») :
Les banques (Barclays, Deutsche Bank, ING…) ne veulent pas rester au capital. Elles ont converti pour ne pas avoir à passer des provisions pour pertes massives.
Leur stratégie : Inonder le marché avec des milliards d’actions issues de la conversion dès que le cours le permet. C’est ce que nous appelons la tactique des « Cookies » : elles distribuent des miettes (les actions) au marché au fur et à mesure pour récupérer leur cash, créant un plafond de verre sur le cours de l’action. Chaque hausse provoquée par la Com’ de Salle est immédiatement épongée par les ventes des banques.
Mais pour que ce « pari gratuit » soit perçu comme un acte de courage par les PP, il fallait saturer l’espace mental des actionnaires. C’est ici qu’intervient l’infrastructure de propagande.
CHAPITRE 6 : Le « Droit de Priorité », l’ultime appât pour les actionnaires
C’est ici que la manœuvre devient diabolique. Pour être sûrs que les actionnaires existants ne lâchent pas l’affaire avant d’avoir été totalement essorés, les concepteurs du plan ont inventé le Droit de Priorité.
Sur le papier, c’était un cadeau : « Chers actionnaires, on vous dilue à 99,99 %, mais on vous donne la priorité pour racheter des actions lors de la conversion de la dette. »
La réalité technique de l’embrouille :
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Le chantage au DPS : Pour bénéficier de ce droit, il fallait garder ses titres. Au lieu de les vendre à 2 € et de sauver les meubles, vous les avez gardés pour avoir vos DPS. Vous êtes prisonniers du navire pendant que les créanciers, eux, vendaient leurs « cookies » sur le marché.
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Payer pour rembourser ses bourreaux : Le prix de souscription via ce droit de priorité était bien plus élevé que les 0,0037 € de l’AK initiale. Pire, l’argent que vous injectiez servait directement à rembourser les créanciers au pair pour la dette qu’ils étaient censés convertir à hauteur de 100 M€ en plus des 75 M€ en cash si l’AK était manqué (l’interim Financing IF1 et IF2).
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L’asymétrie de l’information : Les créanciers savaient que l’action s’effondrerait entre avril et août 2025 (le fameux krach de 50 € à 27 €). Parce qu’ils avaient tous ou presque déjà prévu de sortir. En vous incitant à exercer votre « priorité », ils vous faisaient acheter des titres qu’ils s’apprêtaient eux-mêmes à brader.
Refaisons le match. Vous aviez 1000 actions. Vous pouviez au moment de l’annonce de l’AK les vendre à 2 € et vous récupériez 2000 €. Aujourd’hui vos 2000 actions valent zéro puisqu’elles ont été annulées. Il fallait en avoir 10 000 pour en récupérer une nouvelle. Enfin, vous avez récupéré 3,70 €, contre 2000 € dans mon hypothèse blog.
Vous les avez gardés et eu 1000 DPS. Chaque DPS vous donnait le droit d’acheter 537 actions à 0,0037 €. Vous aviez donc le droit d’acheter 537 000 actions à 0,0037 €. Le 26 janvier si vous aviez vendu, l’action avant regroupement aurait valu 0,0060 € le 26 janvier.
Vous auriez donc gagné : (0,0060 € – 0,0037 €) = 0,0023 € x 537 000 = 1253,61 €.
Même en vendant le 26 janvier à 60 € vous auriez été arnaqué, d’où le titre de notre article en novembre 2024 : « attention arnaque… »
Mais selon Atos, notre blog n’informe pas, il dénigre Atos. À vous de juger où était la bonne affaire… De plus dans le même article nous disions : « si vous croyez vraiment en la remontada d’Atos, alors vendez vos actions, achetez après la livraison des titres quand l’action vaudra 0,0020 €. Vous auriez fait la culbute si vous aviez suivi les conseils du blog même à 40 €… »
Donc nous assumons notre titre de novembre 2024 et au vu de cet exposé du présent chapitre : « AK Atos attention arnaque ».
CHAPITRE 7 : La moisson des « Rois Mages » (Les BSA à 0,0001 €)
Pendant que les membres du forum Boursorama s’écharpaient sur les DPS à un point tel que ça devenait de l’enculage de mouches, afin de les préparer à passer de la théorie à la pratique, les Rois Mages récoltaient la vraie récompense de leur « prise de risque ». Ils n’ont pas eu à mettre le cash du backstop, mais ils ont encaissé les frais de garantie comme s’ils l’avaient fait.
Le hold-up des Bons de Souscription d’Actions (BSA) : Le plan prévoit l’attribution gratuite de 20 milliards de BSA aux créanciers participants. Ces bons permettent d’acheter des actions à la valeur nominale de 0,0001 €. C’est littéralement de l’equity gratuite.
Là où c’est subtil, c’est que pour les backstoppeurs, ces BSA étaient acquis juste sur le simple fait de se porter caution, de « backstopper ». S’ils n’avaient pas à le faire, ils touchaient quand même leurs BSA… Ces 10 % en BSA ci-après, c’est juste pour récompenser le risque du backstop.
Vous devez commencer à voir où je veux en venir. Les 9M€ de stock-options de Philippe étaient auto-financés par avance avec les BSA… .Malin, non ?
Voici qui a touché quoi au titre de la pure garantie (les fameux « pompier pyromane ») :
| Bénéficiaire | Type de Prime | Taux de commission | Monnaie de paiement |
| SteerCo Obligataire | Garantie New Money | 4,5 % du montant garanti | BSA à 0,0001 € |
| SteerCo Obligataire | 1er Rang Backstop AK (175 M€) | 10,0 % de l’engagement | BSA à 0,0001 € |
| CoCom Bancaire | Garantie New Money Bancaire | 4,5 % du montant | BSA à 0,0001 € |
| SteerCo Obligataire | Frais de travail (Work Fee) | Forfait 15 M€ | CASH |
| CoCom Bancaire | Frais de travail (Work Fee) | Forfait 7,5 M€ | CASH |
Note didactique : Un BSA à 0,1 € (après regroupement) c’est techniquement une action gratuite. À 40 € le cours actuel, ces fonds ont réalisé un multiplicateur de 400 fois leur mise sur ces bons.
CHAPITRE 8 : Le Crash-Test Mathématique (La Prophétie du CAC 40)
Comment être sûr que tout ceci n’est qu’une mise en scène ? Comparons les paroles aux actes. Juin 2025. Philippe Salle est sur CNews. L’action est à 30 €. Il lâche sa bombe à Sophie de Menton : « Atos reviendra au CAC 40 d’ici 3 à 4 ans ». Pour revenir au CAC 40, le ticket d’entrée est une capitalisation de 9 Mds€. À l’époque de l’interview, Atos vaut 700 M€. Il promet un x13 (+1200 %).
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Le Test de Cohérence : Si vous avez une fortune de 250 à 300 M€ (comme rapporté par Le Monde) et que vous avez la certitude absolue de faire un x13, vous mettez tout. Vous faites « all in » ! Vous mettez, que sais-je, 20 M€, 30 M€ sur le tapis.
D’ailleurs Philippe Salle fanfaronne lors du Capital Market Day, en disant : « oui, je vais certainement me renforcer ».
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La réalité : Un investissement… charitatif… en comparaison des montagnes investies dans Foncia.
En septembre 2025, il a acheté 50 000 actions autour de 31 € pour un total de 1,55 Million d’euros. C’est 6 fois moins que sa mise fictive d’octobre 2024. La « confliction », elle a bon dos…
C’est l’aveu final : il ne croit pas un mot de sa propre prophétie. Il reste assis sur ses options gratuites et attend que le marché monte pour sortir.
CHAPITRE 9 : Le Poison Lent de la Dette PIK
Pourquoi l’action est-elle montée à 60 € ? Parce que la trésorerie 2025 est artificiellement dopée par la dette PIK (Payment In Kind). Les intérêts (taux moyen de ~9,65 %) ne sont pas payés en totalité en cash mais capitalisés pour 33 %.
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L’anesthésie : La trésorerie est préservée. Le Cash-Flow opérationnel semble positif pour 2026.
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La gangrène : La dette brute grossit toute seule, de manière exponentielle. Elle atteindra son point de rupture en 2029.
Le marché achète aujourd’hui une « croissance » qui n’est qu’un délai de paiement accordé par les créanciers en échange d’une capture totale de la valeur via les millions de BSA.
CONCLUSION : Le dernier à sortir paiera l’addition
Regardez le Lièvre. Regardez Philippe Salle. Il a rempli son contrat en octobre 2024 : sauver la face des leaders du consortium.
En échange, il a reçu ses stock-options déguisées. Aujourd’hui, il parade, mais son portefeuille AMF reste figé. Il ne renforce pas à 40 €. Il sait que la fusée Genesis n’a pas de carburant, seulement des élastiques comptables qui se tendront jusqu’à la rupture.
La morale de l’histoire : Il méritait totalement ses 9 millions de Welcome Bonus sous forme de stock options. Venir chez Atos c’était prendre un risque, et d’ailleurs il se murmure que les relations avec les Rois Mages ne sont pas au beau fixe.
L’immoralité et le délit potentiel : Il vous a menti pour faire le lièvre mercenaire des fonds Vautours.
Philippe Salle n’est pas le patron des actionnaires. Il est le fondé de pouvoir des créanciers, chargé de maintenir l’illusion de valeur le temps que les banques finissent de manger leurs « cookies » et que les fonds préparent la découpe finale de 2029.
La course a été truquée. Le lièvre fut mécanique. Et à la fin, ce sont toujours les lévriers naïfs qui finissent épuisés et vidés de leur épargne.
NOTE : Cette enquête a été réalisée grâce à des sources internes et externes qui ont osé dire la vérité. Nous les remercions pour leur courage.
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Atos a attaqué notre blog en justice via une procédure léonine pour le faire fermer en totalité. La probabilité de perdre ce procès est minime et nous ferions appel. Néanmoins, si cela devait arriver, nous vous conseillons de vous inscrire à notre newsletter pour continuer à recevoir les contenus par email.
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